États-Unis, 1961
Les Freedom Riders
Le 4 mai 1961, treize personnes noires et blanches partent de Washington en autobus pour défier la ségrégation. Malgré un autobus incendié en Alabama, environ 436 personnes prennent la relève, et la ségrégation dans les gares d'autocars est interdite à l'automne.
« On ne peut pas les laisser nous arrêter par la violence. »Diane Nash, 1961 (traduction libre)
Sources
- Britannica, « Freedom Rides » www.britannica.com
- Martin Luther King Jr. Research and Education Institute, Stanford kinginstitute.stanford.edu
- PBS American Experience, « Freedom Riders » www.pbs.org
Durham, Caroline du Nord, 1971
C. P. Ellis et Ann Atwater
En 1971, à Durham, un dirigeant du Ku Klux Klan et une militante noire coprésident des rencontres sur la déségrégation des écoles. À force de s'écouter, il déchire sa carte du Klan. Ils restent amis jusqu'à la fin.
« Si les écoles doivent s'améliorer parce que je déchire cette carte, je le ferai. »C. P. Ellis, 1971 (traduction libre)
Sources
- NCpedia, « Ellis, C. P. » www.ncpedia.org
- WUNC, décès d'Ann Atwater, 21 juin 2016 www.wunc.org
Boston et Richmond, 1864
Dre Rebecca Lee Crumpler
En 1864, elle devient la première Afro-Américaine diplômée en médecine aux États-Unis. Après la guerre de Sécession, elle soigne à Richmond les personnes tout juste libérées de l'esclavage.
Sources
- National Library of Medicine, « Dr. Rebecca Lee Crumpler » www.nlm.nih.gov
- National Park Service, « Dr. Rebecca Lee Crumpler » home.nps.gov
- Boston University, pierre tombale dédiée en 2020 www.bu.edu
Montgomery, Alabama, 1955
Rosa Parks
Le 1er décembre 1955, à Montgomery, elle refuse de céder sa place dans un autobus. Son arrestation lance un boycottage de 381 jours, qui mène à la fin de la ségrégation dans les autobus de la ville.
« J'en avais assez de céder. »Rosa Parks, autobiographie, 1992 (traduction libre)
Sources
- Library of Congress, « Rosa Parks: In Her Own Words » www.loc.gov
- King Institute, Stanford, « Parks, Rosa » kinginstitute.stanford.edu
- Maison-Blanche (archives), médaille d'or du Congrès, 15 juin 1999 clintonwhitehouse6.archives.gov
New Glasgow, Nouvelle-Écosse, 1946
Viola Desmond
Le 8 novembre 1946, à New Glasgow, elle refuse de quitter la section réservée aux Blancs d'un cinéma. Graciée en 2010, elle figure depuis 2018 sur le billet de 10 $.
« Nous devons apprendre de notre histoire pour ne pas la répéter. »Wanda Robson, sa sœur, 2010 (traduction libre)
Sources
- L'Encyclopédie canadienne, « Viola Desmond » www.thecanadianencyclopedia.ca
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, pardon absolu, 15 avril 2010 news.novascotia.ca
- Banque du Canada, nouveau billet de 10 $, novembre 2018 www.bankofcanada.ca
New York, aujourd'hui
Christopher Emdin
Professeur au Teachers College de Columbia, il propose une « pédagogie de la réalité » : partir de la culture des élèves. Avec le rappeur GZA, il a fait écrire à des élèves new-yorkais des raps sur la science.
« Ces jeunes sont des génies qui attendent d'être découverts. »Christopher Emdin, 2013 (traduction libre)
Sources
- Teachers College, Columbia, chaire Maxine Greene, octobre 2023 www.tc.columbia.edu
- Teachers College, « Science Genius », juin 2013 www.tc.columbia.edu
- Christian Science Monitor, critique du livre, septembre 2016 www.csmonitor.com
Afrique du Sud, 1963
Jordan Kush Ngubane
Journaliste zoulou, rédacteur d'Inkundla ya Bantu, alors le seul journal sud-africain entièrement détenu par des Africains, Jordan Kush Ngubane cosigne en 1944 le manifeste de la Ligue des jeunes de l'ANC. En 1963, dans An African Explains Apartheid, il décrit l'ubuntu comme une « philosophie de vie » : l'une des toutes premières explications écrites.
Sources
- Gade, thèse de doctorat sur les discours écrits sur l'ubuntu, 2013 old.konfliktloesning.dk
Zimbabwe, 1980
Stanlake et Tommie Marie Samkange
Historien et romancier zimbabwéen, Stanlake Samkange écrit avec Tommie Marie Samkange Hunhuism or Ubuntuism (1980), le premier livre entièrement consacré à l'ubuntu. Paru l'année de l'indépendance du Zimbabwe, il propose l'ubuntu, hunhu en shona, comme philosophie politique pour le nouveau pays.
Sources
- Samkange et Samkange, Hunhuism or Ubuntuism, Graham Publishing, 1980
Kenya, 1969
John S. Mbiti
Théologien et philosophe kényan, pasteur anglican, John S. Mbiti publie en 1969 African Religions and Philosophy, longtemps une référence mondiale. On y trouve la formule qui résume la vision africaine de la personne : « Je suis, parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, donc je suis » (traduction libre).
Sources
- Mbiti, African Religions and Philosophy, Heinemann, 1969
Afrique du Sud, 1999
Mogobe B. Ramose
Philosophe sud-africain, longtemps professeur à l'Université d'Afrique du Sud (UNISA), Mogobe B. Ramose publie en 1999 African Philosophy Through Ubuntu. Il y montre que l'ubuntu n'est pas un slogan, mais une manière de penser l'être humain toujours en relation et en mouvement.
Sources
- Ramose, African Philosophy Through Ubuntu, Mond Books, 1999
Afrique du Sud, 2001
Augustine Shutte
Philosophe à l'Université du Cap, Augustine Shutte a consacré une grande partie de son œuvre à l'ubuntu. Dans Ubuntu: An Ethic for a New South Africa (2001), il en fait une éthique commune pour la société sud-africaine d'après l'apartheid, au-delà des origines de chacun.
Sources
- Shutte, Ubuntu: An Ethic for a New South Africa, 2001 ; UCT News, 2016 www.news.uct.ac.za
Nigeria, 1984
Ifeanyi Menkiti
Philosophe et poète d'origine igbo, professeur au Wellesley College, aux États-Unis, Ifeanyi Menkiti publie en 1984 un texte devenu classique sur la personne et la communauté. Pour lui, on ne naît pas pleinement « personne » : on le devient peu à peu, au sein d'une communauté. Une pensée parente de l'ubuntu.
Sources
- Menkiti, « Person and Community in African Traditional Thought », 1984
Ghana, 1997
Kwame Gyekye
Philosophe de l'Université du Ghana, spécialiste de la pensée akan, Kwame Gyekye défend dans Tradition and Modernity (1997) un « communautarisme modéré » : la communauté compte, mais elle doit aussi protéger la dignité et les droits de chaque personne. Une pensée parente de l'ubuntu, venue d'Afrique de l'Ouest.
Sources
- Gyekye, Tradition and Modernity, Oxford University Press, 1997
Tanzanie, 1967
Julius Nyerere
Instituteur devenu premier président de la Tanzanie, Julius Nyerere, surnommé Mwalimu, « l'enseignant », propose l'ujamaa, la « famille élargie » en swahili. La Déclaration d'Arusha (1967) en fait un projet de société fondé sur l'entraide. Ses villages collectifs ont connu des échecs, mais il a forgé une forte unité nationale.
Sources
- Nyerere, « Ujamaa », 1962 ; Déclaration d'Arusha, 1967
Zambie, 1964
Kenneth Kaunda
Premier président de la Zambie indépendante (1964-1991), Kenneth Kaunda défend un « humanisme zambien » qui place la personne au centre de la vie politique. Son régime à parti unique en montre aussi les limites. Battu aux élections de 1991, il quitte le pouvoir pacifiquement et s'engage plus tard contre le VIH-sida.
Sources
- Kaunda, A Humanist in Africa, 1966
Afrique du Sud, 1984
Desmond Tutu
Archevêque anglican du Cap, Desmond Tutu reçoit le prix Nobel de la paix en 1984 pour sa lutte non violente contre l'apartheid. Il préside ensuite la Commission vérité et réconciliation. Plus que quiconque, il a fait connaître l'ubuntu au monde, notamment dans No Future Without Forgiveness (1999).
Sources
- Tutu, No Future Without Forgiveness, 1999 ; prix Nobel de la paix 1984 www.nobelprize.org
Afrique du Sud, 2019
Mungi Ngomane
Petite-fille de Desmond Tutu, Mungi Ngomane publie en 2019 Everyday Ubuntu, préfacé par son grand-père. Elle y propose des leçons simples pour vivre l'ubuntu au quotidien, comme se reconnaître dans l'autre ou chercher le meilleur en chacun.
Sources
- Ngomane, Everyday Ubuntu, Bantam Press, 2019 www.penguin.com.au
Afrique du Sud, 1994
Nelson Mandela
Avocat et militant de l'ANC, Nelson Mandela passe 27 ans en prison. Libéré en 1990, il négocie la fin de l'apartheid et devient en 1994 le premier président élu démocratiquement de l'Afrique du Sud. Il choisit la réconciliation plutôt que la vengeance et reçoit le prix Nobel de la paix en 1993, avec Frederik de Klerk.
Sources
- Mandela, Un long chemin vers la liberté, 1995 ; prix Nobel de la paix 1993 www.nobelprize.org
Afrique du Sud, 1995
Yvonne Mokgoro
Parmi les premiers juges de la Cour constitutionnelle sud-africaine, où elle siège de 1994 à 2009, Yvonne Mokgoro marque l'arrêt S c. Makwanyane (1995), qui abolit la peine de mort. Elle y explique que l'ubuntu exprime la dignité humaine et le respect mutuel, au cœur de la nouvelle Constitution.
Sources
- S c. Makwanyane, 1995 ; Freedom Under Law, 2024 freedomunderlaw.org
Afrique du Sud, 1995
Pius Langa
Ancien ouvrier devenu avocat des droits de la personne, Pius Langa siège à la Cour constitutionnelle dès 1994, puis en devient le juge en chef (2005-2009). Dans l'arrêt Makwanyane, il décrit l'ubuntu comme une culture qui valorise la communauté et l'interdépendance de ses membres.
Sources
- S c. Makwanyane, Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud, 1995
Afrique du Sud, 1960
Albert Luthuli
Enseignant et chef zoulou, Albert Luthuli préside l'ANC à partir de 1952. Il défend une résistance strictement non violente à l'apartheid, malgré les arrestations et les interdictions. En 1960, il devient le premier Africain à recevoir le prix Nobel de la paix.
Sources
- Prix Nobel de la paix 1960 www.nobelprize.org
Afrique du Sud, 1977
Steve Biko
Étudiant en médecine, Steve Biko fonde le mouvement de la Conscience noire, qui invite les Noirs sud-africains à se libérer d'abord du sentiment d'infériorité imposé par l'apartheid. Arrêté en 1977, il meurt des suites de blessures subies en détention, à 30 ans. Ses écrits sont réunis dans I Write What I Like.
Sources
- Biko, I Write What I Like, 1978
Liberia, 2003
Leymah Gbowee
Travailleuse sociale, Leymah Gbowee rassemble en 2003 des femmes chrétiennes et musulmanes qui manifestent chaque jour, vêtues de blanc, pour exiger la paix. Leur mobilisation pousse les belligérants à conclure un accord qui met fin à la guerre civile. Elle reçoit le prix Nobel de la paix en 2011.
Sources
- Prix Nobel de la paix 2011 www.nobelprize.org
Rwanda, 1994
Capitaine Mbaye Diagne
Officier sénégalais de la mission de l'ONU au Rwanda, le capitaine Mbaye Diagne sauve des centaines de personnes pendant le génocide de 1994, sans arme, en franchissant les barrages à force d'aplomb. Il est tué en mai 1994. Depuis 2014, une médaille de l'ONU pour le courage exceptionnel porte son nom.
Sources
- ONU Info, 2014 news.un.org
Rwanda, 1994
Zura Karuhimbi
Guérisseuse âgée de près de 70 ans au moment du génocide, Zura Karuhimbi cache plus d'une centaine de personnes dans sa petite maison. Elle fait croire aux tueurs que les lieux sont habités par des esprits et qu'ils seraient maudits s'ils y touchaient. En 2006, elle reçoit la médaille de la Campagne contre le génocide.
Sources
- Médaille de la Campagne contre le génocide, 2006 ; BBC, 2018 en.wikipedia.org
États-Unis, 1963
Martin Luther King Jr.
Pasteur baptiste, Martin Luther King Jr. mène le mouvement des droits civiques par la non-violence, du boycott des autobus de Montgomery (1955-1956) à la marche sur Washington (1963). En prison à Birmingham, il écrit que nous sommes pris dans « un réseau inéluctable de mutualité » (traduction libre). Prix Nobel de la paix 1964, il est assassiné en 1968.
Sources
- King, Lettre de la prison de Birmingham, 1963
États-Unis, 1964
Fannie Lou Hamer
Ouvrière agricole du Mississippi, Fannie Lou Hamer perd son emploi en 1962 pour avoir tenté de s'inscrire sur les listes électorales. Battue en prison en 1963, elle continue. En 1964, elle cofonde le Mississippi Freedom Democratic Party et témoigne devant tout le pays de la violence subie par ceux qui voulaient voter.
Sources
- Freedom Summer, 1964
États-Unis, 1960
Ella Baker
Militante pendant plus de cinquante ans, Ella Baker travaille pour la NAACP puis pour l'organisation de Martin Luther King. En 1960, elle aide des étudiants à fonder le SNCC, en les encourageant à garder leur indépendance. Sa conviction : un mouvement fort repose sur des gens ordinaires qui apprennent à diriger ensemble.
Sources
- Fondation du SNCC, 1960
États-Unis, 1965
John Lewis
Fils de métayers de l'Alabama, John Lewis est l'un des Freedom Riders de 1961. Le 7 mars 1965, à Selma, il est grièvement blessé par la police sur le pont Edmund Pettus, lors d'une marche pour le droit de vote. Élu au Congrès en 1986, il y siège jusqu'à sa mort, en 2020.
Sources
- Lewis, Walking with the Wind, 1998
États-Unis, 1960
Ruby Bridges
Le 14 novembre 1960, à six ans, Ruby Bridges entre à l'école William Frantz de La Nouvelle-Orléans, jusque-là réservée aux Blancs, escortée par des marshals fédéraux. Face aux insultes, elle passe l'année presque seule en classe avec son enseignante, Barbara Henry. Elle parle aujourd'hui aux jeunes de tolérance.
Sources
- Bridges, Through My Eyes, 1999
États-Unis, 1849
Harriet Tubman
Née esclave au Maryland, Harriet Tubman s'enfuit en 1849. Elle revient ensuite une douzaine de fois pour guider environ 70 personnes vers la liberté par le chemin de fer clandestin, dont plusieurs jusqu'à St. Catharines, au Canada. Pendant la guerre de Sécession, elle aide à libérer plus de 700 personnes lors du raid de la rivière Combahee.
Sources
- Larson, Bound for the Promised Land, 2004
États-Unis, 1989
Bryan Stevenson
Avocat, Bryan Stevenson fonde en 1989 l'Equal Justice Initiative, en Alabama, pour défendre des condamnés à mort et des personnes injustement emprisonnées. Son équipe a obtenu l'annulation de nombreuses condamnations. Dans Just Mercy (2014), il rappelle que chacun de nous est plus que le pire geste qu'il ait commis.
Sources
- Stevenson, Just Mercy, 2014
Ontario, 1853
Mary Ann Shadd
Née libre au Delaware, Mary Ann Shadd s'installe au Canada-Ouest après l'adoption de la loi américaine sur les esclaves fugitifs de 1850. En 1853, elle fonde The Provincial Freeman et devient la première femme noire à éditer un journal en Amérique du Nord. Elle y encourage les Noirs américains à venir s'établir librement au Canada.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Ontario, 1841
Josiah Henson
Réduit en esclavage au Maryland et au Kentucky, Josiah Henson fuit vers le Haut-Canada avec sa famille en 1830. Il participe ensuite à la fondation de la colonie de Dawn, près de Dresden, avec une école pour les réfugiés. Son récit de vie aurait inspiré le personnage de La Case de l'oncle Tom.
Sources
- Dictionnaire biographique du Canada www.biographi.ca
Nouvelle-Écosse, 1946
Carrie Best
En 1946, Carrie Best fonde à New Glasgow The Clarion, l'un des premiers journaux de la communauté noire de Nouvelle-Écosse. Elle y défend Viola Desmond, expulsée d'un cinéma la même année, et dénonce la ségrégation. Elle anime ensuite une émission de radio et reçoit l'Ordre du Canada.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Ontario, 1951
Kay Livingstone
Animatrice de radio et militante, Kay Livingstone cofonde à Toronto, en 1951, la Canadian Negro Women's Association. En 1973, elle organise la première conférence nationale des femmes noires, d'où naîtra le Congrès des femmes noires du Canada. On lui attribue l'expression « minorité visible ».
Sources
- Parcs Canada, 2017 www.canada.ca
Ontario, 1978
Stanley G. Grizzle
Porteur de wagons-lits au Canadien Pacifique, Stanley Grizzle s'engage dans la Fraternité des porteurs, un syndicat qui combat la discrimination raciale au travail. Il milite aussi pour des lois contre la discrimination en Ontario. En 1978, il devient le premier juge de la citoyenneté noir au Canada.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Ontario, 1962
Daniel G. Hill
Sociologue né aux États-Unis, Daniel G. Hill s'installe à Toronto en 1950. En 1962, il devient le premier directeur de la Commission ontarienne des droits de la personne, puis son président. Historien de la communauté noire, il cofonde l'Ontario Black History Society et écrit The Freedom-Seekers (1981).
Sources
- L'Encyclopédie canadienne www.thecanadianencyclopedia.ca
Colombie-Britannique, 1972
Rosemary Brown
Née en Jamaïque, Rosemary Brown arrive au Canada pour étudier à l'Université McGill. En 1972, elle devient la première femme noire élue dans une assemblée législative canadienne, en Colombie-Britannique. En 1975, elle est la première femme à briguer la direction d'un parti fédéral, le NPD.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Ontario, 1968
Lincoln Alexander
Fils d'immigrants caribéens et ancien de l'Aviation royale canadienne, Lincoln Alexander devient en 1968 le premier député noir de la Chambre des communes. Ministre du Travail en 1979, il est ensuite lieutenant-gouverneur de l'Ontario (1985-1991) et fait de l'éducation et de la lutte contre le racisme ses priorités.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne
Ontario, 1995
Jean Augustine
Arrivée de la Grenade, Jean Augustine est enseignante puis directrice d'école à Toronto. Élue en 1993, elle devient la première femme noire députée à la Chambre des communes. En 1995, sa motion fait reconnaître officiellement février comme Mois de l'histoire des Noirs au Canada.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Montréal, 1983
Fo Niemi
Fo Niemi cofonde en 1983 le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), à Montréal. Depuis, l'organisme accompagne des victimes de discrimination devant les tribunaux et les commissions des droits de la personne, et pousse les institutions québécoises à changer leurs pratiques.
Sources
- CRARR crarr.org
Manitoba, 2015
Murray Sinclair
Premier juge autochtone du Manitoba, l'Anishinaabe Murray Sinclair (Mizanay Gheezhik) préside de 2009 à 2015 la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones. Son rapport final formule 94 appels à l'action. Il siège ensuite au Sénat. Il est décédé en 2024.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne www.thecanadianencyclopedia.ca
Canada, 2016
Cindy Blackstock
Travailleuse sociale de la Nation gitxsan, Cindy Blackstock dirige la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations. En 2007, avec l'Assemblée des Premières Nations, elle porte plainte contre Ottawa pour le sous-financement des services aux enfants. En 2016, le Tribunal canadien des droits de la personne leur donne raison.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Manitoba, 1990
Elijah Harper
Député oji-cri à l'Assemblée législative du Manitoba, Elijah Harper refuse en juin 1990, une plume d'aigle à la main, le consentement nécessaire pour adopter à temps l'accord du lac Meech, négocié sans les peuples autochtones. Son « non » fait échouer l'accord et devient un symbole de l'affirmation autochtone.
Sources
- CBC, 2015 www.cbc.ca
Ontario, 2008
Shannen Koostachin
Élève crie d'Attawapiskat, Shannen Koostachin n'a jamais connu de vraie école : celle de sa communauté avait été fermée à cause d'une contamination. À 13 ans, elle porte sa cause jusqu'à Ottawa. Elle meurt en 2010, à 15 ans, dans un accident de la route ; l'école tant attendue ouvre en 2014.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Ontario, 2019
Autumn Peltier
De la Première Nation de Wiikwemkoong, Autumn Peltier défend l'eau depuis l'enfance. À 12 ans, en 2016, elle interpelle le premier ministre sur l'eau potable des Premières Nations. Elle s'adresse ensuite aux Nations unies et devient en 2019 commissaire en chef à l'eau de la Nation anishinabek.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Québec, 2016
Michèle Audette
Militante innue, Michèle Audette a présidé Femmes autochtones du Québec puis l'Association des femmes autochtones du Canada. De 2016 à 2019, elle est commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Elle est nommée au Sénat en 2021.
Sources
- Cabinet du premier ministre, 2021 www.pm.gc.ca
Québec, 2009
Joséphine Bacon
Née à Pessamit, Joséphine Bacon est poète, traductrice et passeuse de la langue innue. Ses recueils, écrits en innu-aimun et en français, comme Bâtons à message (2009), font entendre le territoire et la parole des aînés. Elle est membre de l'Ordre du Canada.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne www.thecanadianencyclopedia.ca
Québec, 1967
Alanis Obomsawin
Abénakise d'Odanak, Alanis Obomsawin réalise des documentaires à l'Office national du film depuis 1967. Avec plus de 50 films, dont Kanehsatake : 270 ans de résistance (1993), elle donne la parole aux Premières Nations sur leurs propres histoires et leurs luttes.
Sources
- L'Encyclopédie canadienne thecanadianencyclopedia.ca
Nation onondaga
Oren Lyons
Gardien de la foi du clan de la Tortue de la Nation onondaga, Oren Lyons porte depuis des décennies la voix de la Confédération haudenosaunee, jusqu'aux Nations unies. Il y rappelle le principe des Sept générations : chaque décision doit tenir compte de ceux qui viendront après nous.
Sources
- Native Nations Institute, Université de l'Arizona nnigovernance.arizona.edu
Kenya, 1977
Wangari Maathai
Première femme d'Afrique de l'Est à obtenir un doctorat, Wangari Maathai fonde en 1977 le Green Belt Movement. Des milliers de femmes y plantent des dizaines de millions d'arbres, pour la terre et pour leur autonomie. En 2004, elle est la première Africaine à recevoir le prix Nobel de la paix.
Sources
- Prix Nobel de la paix 2004 www.nobelprize.org
RD Congo, 1999
Denis Mukwege
Gynécologue, Denis Mukwege fonde en 1999 l'hôpital de Panzi, à Bukavu. Il y soigne des dizaines de milliers de femmes victimes de violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, et les accompagne aussi sur les plans psychologique, juridique et économique. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 2018.
Sources
- Prix Nobel de la paix 2018 www.nobelprize.org
Haïti et Rwanda, 1987
Paul Farmer
Médecin et anthropologue, Paul Farmer cofonde en 1987 Partners In Health, d'abord en Haïti, puis au Rwanda et ailleurs. Il refuse l'idée que les plus pauvres doivent se contenter de soins au rabais. Il meurt en 2022 au Rwanda, où il avait contribué à fonder l'Université de la santé mondiale.
Sources
- Kidder, Mountains Beyond Mountains, 2003
Pologne, 1942
Irena Sendler
Travailleuse sociale à Varsovie, Irena Sendler fait partie du réseau de résistance Żegota. Avec ses collaborateurs, elle fait sortir clandestinement environ 2 500 enfants juifs du ghetto et note leurs vrais noms pour qu'ils puissent un jour retrouver leur famille. Yad Vashem l'honore comme Juste parmi les nations en 1965.
Sources
- Yad Vashem, Juste parmi les nations, 1965