New York, aujourd'hui

Christopher Emdin

Professeur au Teachers College de l'Université Columbia, Christopher Emdin enseigne la science en partant de la culture hip-hop des élèves. En 2013, avec le rappeur GZA, il a fait écrire à des adolescents new-yorkais des raps sur la science.

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C'était en 2013, à New York.

Pour expliquer la sélection naturelle, un professeur parlait d'une liste de lecture.

Ce professeur s'appelait Christopher Emdin.

Il avait grandi à Brooklyn et dans le Bronx.

Il avait étudié la biologie, la chimie et l'anthropologie au Lehman College, puis les sciences naturelles. En 2007, il obtint un doctorat en éducation urbaine et entra au Teachers College de l'Université Columbia.

Il était scientifique. Il était aussi rappeur.

Comme enseignant, on lui avait donné un conseil : effacer sa part noire. Rendre invisibles des pans de lui-même.

Il fit le contraire. Il devint un meilleur professeur en puisant davantage dans la culture hip-hop.

Il prit pour modèle le cypher, ce cercle où l'on improvise. Dans un cypher, on guide sans contrôler.

C'est ainsi qu'il voulait ses classes.

En 2013, il lança un projet avec le rappeur GZA, du Wu-Tang Clan, et le site Rap Genius. Le nom : Science Genius.

Dix écoles secondaires publiques de New York y participèrent. La plupart de leurs élèves étaient noirs ou latinos. Ils devaient écrire des raps sur la physique, la biologie ou la chimie.

Lors du lancement, au Teachers College, c'est l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson qui présenta les deux hommes.

GZA savait de quoi il parlait. Il avait quitté l'école en dixième année. Plus tard, il était devenu un passionné de science.

Chaque semaine, des étudiants de Columbia venaient en classe aider les jeunes à écrire. Les raps étaient évalués avec des grilles précises.

« Ce ne sont pas juste des jeunes qui font des rimes », disait Emdin (traduction libre).

Un élève, Keegan Dillion, avait perdu le goût de la science. Avec le projet, il se mit à étudier des mots scientifiques chez lui.

À la fin, GZA jugea les meilleurs raps. Les gagnants virent leurs chansons enregistrées et publiées en ligne. Ils passèrent une journée avec lui.

Emdin avait écrit, cette année-là :

« ces jeunes sont des génies qui attendent d'être découverts. »
Christopher Emdin, Huffington Post, cité par le Teachers College, 2013 (traduction libre)

En 2016, il publia un livre adressé aux enseignants : For White Folks Who Teach in the Hood... and the Rest of Y'all Too. Il devint un best-seller du New York Times. Il fonda aussi le mouvement #HipHopEd. En 2021 parut un autre livre, Ratchetdemic.

Il passa près de deux ans à l'Université de Californie du Sud. Puis il revint au Teachers College.

En octobre 2023, le Teachers College lui confia la chaire Maxine Greene. Maxine Greene, philosophe de l'éducation, l'avait guidé à ses débuts. Elle avait préfacé son premier livre.

« Un cercle qui se referme », dit-il (traduction libre).

Christopher Emdin n'a pas grandi dans la tradition de l'Ubuntu. Mais sa façon d'enseigner y fait écho : un élève devient lui-même quand le cercle lui fait une place.

Une liste de lecture pour expliquer la sélection naturelle : c'était sa façon d'ouvrir le cercle.

Sources

  1. Christopher Emdin (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
  2. The Gift Is Science, But Kids Love the Rapping (Teachers College, Columbia University, 2013) www.tc.columbia.edu
  3. Christopher Emdin named Maxine Greene Chair (Teachers College, Columbia University, 2023) www.tc.edu
  4. Songs for Biology: Students Write Hip-Hop to Learn Science (PBS NewsHour, 2013) www.pbs.org

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