Afrique du Sud, 1963

Jordan Kush Ngubane

Journaliste sud-africain, Jordan Kush Ngubane coécrivit le manifeste de la Ligue des jeunes du Congrès en 1944. Il fut parmi les premiers à faire connaître l'ubuntu par écrit en Afrique du Sud.

Vies inspirantes · Penseurs de l'Ubuntu

C'était en avril 1944, en Afrique du Sud, au Bantu Men's Social Centre.

De jeunes militants africains y fondaient la Ligue des jeunes du Congrès. Il leur fallait un texte pour dire qui ils étaient. Un manifeste.

L'un de ses auteurs s'appelait Jordan Kush Ngubane. Il avait vingt-six ans. Il était journaliste.

Un camarade de lutte, A. P. Mda, dira qu'on voyait la main de Ngubane partout dans ce texte.

Il était né le 15 novembre 1917 à Nkwebebe, un village près de Ladysmith, au Natal. Son père était policier.

En 1933, il entra à Adams College, près de Durban. Il s'y lia d'amitié avec Anton Lembede. Onze ans plus tard, les deux amis écriraient ensemble le manifeste.

Diplômé en 1937, il devint rédacteur adjoint à Ilanga lase Natal, le journal de John L. Dube.

Il y tint une chronique satirique, « Gleanings from Life ». Il la signait « Jo the Cow ». De 1938 à 1943, il y publia plus de 376 articles.

En 1943, il partit pour Johannesburg. Au Bantu World, il écrivait sur les affaires du monde.

À la fin de 1944, il prit la tête d'Inkundla ya Bantu, un journal publié à Verulam, près de Durban. Il le dirigea jusqu'en 1951.

Il y signait parfois Khanyisa, parfois Twana.

Il se disait nationaliste africain et libéral. Il défendait une société non raciale, fondée sur la liberté de chacun.

Au milieu des années 1950, il quitta l'ANC et rejoignit le Parti libéral, dont il devint vice-président.

En 1957, il publia un roman en zoulou, Uvalo Lwezinhlonzi. Le livre serait interdit en Afrique du Sud de 1962 à 1967.

En décembre 1958, il fut délégué à Accra, au Ghana, à la Conférence des peuples africains.

Il fut poursuivi en vertu de la loi sur la suppression du communisme.

En 1962, il quitta le pays avec sa famille pour le Swaziland. Là-bas, il cultiva la terre. Et il continua d'écrire.

En 1963 parut An African Explains Apartheid. Le gouvernement de l'apartheid interdit le livre.

Selon le Mail & Guardian, Ngubane fut le premier à populariser l'idée d'ubuntu en Afrique du Sud, et à tenter de la penser dans ses écrits.

L'ubuntu dit qu'une personne devient une personne grâce aux autres.

En 1969, une bourse de la Fondation Ford l'amena aux États-Unis. Il enseigna à l'Université Howard, à Washington.

Au printemps 1980, il revint au pays zoulou, comme ministre de l'Information.

Il mourut le 17 septembre 1985, à 67 ans.

Son nom s'est un peu effacé des livres d'histoire.

Mais au commencement, il y eut aussi un homme qui tenait la plume. Il écrivait des chroniques, des manifestes, des livres interdits.

Et, au milieu de tous ces mots, un vieux mot qu'il fit connaître : ubuntu.

Sources

  1. Jordan Kush Ngubane (South African History Online) www.sahistory.org.za
  2. Jordan Kush Ngubane (Encyclopædia Britannica) britannica.com
  3. Jordan Ngubane, membre fondateur oublié de la Ligue des jeunes du Congrès (Mail & Guardian, 2023) mg.co.za

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