États-Unis et France, 1963

James Baldwin

Né à Harlem, James Baldwin partit pour Paris, étouffé par la discrimination, puis revint prendre part au mouvement des droits civiques. Ses livres racontent une histoire que l'Amérique niait.

Photo : James Baldwin in London, 1969 · Allan Warren · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était en 1948, à New York.

Un jeune homme de vingt-quatre ans partit pour Paris. Il s'appelait James Baldwin. Aux États-Unis, la discrimination raciale et sexuelle l'étouffait.

Il était né le 2 août 1924, à Harlem. Il était le petit-fils d'un esclave. Il était l'aîné de neuf enfants, et la famille était pauvre.

Il fut élevé par sa mère et par son beau-père, David Baldwin, un prédicateur baptiste venu de La Nouvelle-Orléans. L'homme était sévère. Entre eux, la relation fut difficile.

À quatorze ans, James passait des heures dans les bibliothèques. Il y découvrit sa passion : écrire.

Au collège, il eut un professeur de français. C'était Countee Cullen, un poète de la Renaissance de Harlem. Il devint son mentor.

Adolescent, James monta lui-même en chaire. Pendant environ trois ans, il prêcha dans une église pentecôtiste. Plus tard, il dirait que c'est cela qui avait fait de lui un écrivain.

Il savait qu'il était noir. Il savait aussi qu'il était intelligent.

À dix-huit ans, il travailla pour le chemin de fer, au New Jersey. Puis il s'installa à Greenwich Village. Il écrivait des critiques de livres. Le romancier Richard Wright l'aida à obtenir une bourse.

Puis vint Paris.

Il disait qu'en vivant dans une autre civilisation, on est forcé d'examiner la sienne.

En 1953 parut son premier roman, Go Tell It on the Mountain. Il l'avait achevé dans un petit village de Suisse. D'autres livres suivirent, des romans et des essais.

Il ne coupa jamais le lien. Il faisait sans cesse l'aller-retour au-dessus de l'Atlantique.

Au début des années 1960, il revint aux États-Unis. Il parcourut le Sud. Le pays était en lutte pour les droits civiques.

En 1963, il publia The Fire Next Time, La prochaine fois, le feu. Le livre devint un best-seller. Son visage parut à la une du magazine TIME.

Dans ce livre, il écrivit que si l'idée de Dieu a un sens, alors

« ce ne peut être que pour nous rendre plus grands, plus libres et plus aimants. »
James Baldwin, The Fire Next Time, 1963 (traduction libre)

La même année, il marcha sur Washington. En 1965, il marcha de Selma à Montgomery.

Ses amis s'appelaient Medgar Evers, Martin Luther King Jr., Malcolm X, Maya Angelou, Nina Simone, Lorraine Hansberry. Leurs morts marquèrent son écriture.

En 1971, il s'installa à Saint-Paul-de-Vence. Il continua d'écrire : If Beale Street Could Talk parut en 1974. Il enseigna aussi dans des universités du Massachusetts.

James Baldwin mourut chez lui, à Saint-Paul-de-Vence, le 1er décembre 1987. Il avait soixante-trois ans.

Il laissa un texte inachevé, Remember This House. En 2016, il devint un film : I Am Not Your Negro.

Sa voix ne venait pas de l'Ubuntu, mais elle y fait écho : on ne se connaît soi-même qu'en regardant l'autre.

Il disait connaître une histoire que l'Amérique niait. Il passa sa vie à la raconter.

Il reste l'image d'un garçon de Harlem, penché sur un livre, dans une bibliothèque. Et d'un monde qui, peu à peu, se mit à l'écouter.

Sources

  1. James Baldwin (National Museum of African American History and Culture, Smithsonian) nmaahc.si.edu
  2. Introduction to James Baldwin (National Museum of African American History and Culture, Smithsonian) nmaahc.si.edu
  3. James Baldwin: About the Author (PBS, American Masters) www.pbs.org

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