Afrique du Sud, 1964
Ahmed Kathrada
Militant sud-africain d'origine indienne, Ahmed Kathrada fut condamné à la prison à vie avec Nelson Mandela en 1964. Libéré en 1989, il consacra le reste de sa vie à une Afrique du Sud sans barrières de couleur.

Vies inspirantes · Justice et réconciliation
C'était le 13 juin 1964, en Afrique du Sud.
Sept hommes condamnés à la prison à vie arrivèrent à la prison de Robben Island. Parmi eux, Nelson Mandela. Et le plus jeune de tous, Ahmed Kathrada. Il avait trente-quatre ans.
Un huitième condamné manquait. Denis Goldberg était détenu à part, à Pretoria, parce qu'il était blanc. Même en prison, l'apartheid séparait les hommes selon leur couleur.
Kathrada était né le 21 août 1929 à Schweizer-Reneke, dans le Transvaal occidental. Ses parents étaient venus de Surat, au Gujarat, en Inde. Il était le quatrième de six enfants.
Il s'engagea tôt. Vers douze ans, il rejoignit la Ligue des jeunes communistes.
En 1946, à dix-sept ans, il quitta l'école pour rejoindre le Conseil de résistance passive du Transvaal, en lutte contre le « Ghetto Act ». Il fit un mois de prison à Durban, parmi environ deux mille volontaires.
Ce ne fut que la première fois.
En 1952, il aida à organiser la Campagne de défi. En 1955, il participa au Congrès du peuple, qui adopta la Charte de la liberté.
Puis vint le procès de trahison. Cent cinquante-six accusés. Tous furent acquittés.
Le 11 juillet 1963, Kathrada fut arrêté à la ferme de Liliesleaf, à Rivonia. Le 12 juin 1964, il fut condamné à la prison à vie, avec Mandela et six autres.
Sur l'île, il étudia. Un diplôme en histoire et en criminologie, en 1968. Un autre en bibliothéconomie, en 1976. Puis deux diplômes de spécialisation, en 1982 et en 1985.
En 1977, ses études furent suspendues, après qu'il eut aidé Mandela avec les mémoires que celui-ci écrivait en secret.
Il resta dix-huit ans à Robben Island. En octobre 1982, on le transféra à la prison de Pollsmoor.
En 1988, encore derrière les barreaux, il reçut l'Isitwalandwe, la plus haute distinction de l'ANC.
Le 15 octobre 1989, il fut enfin libéré. Il avait passé vingt-six ans et trois mois en prison. Il dit alors qu'il n'avait jamais rêvé qu'on lui accorde un tel statut.
En 1994, il devint député de l'ANC. Il fut ensuite conseiller parlementaire du président Mandela.
On lui proposa un poste de ministre. Il refusa.
« Je ne me suis pas joint à la lutte pour des postes. »
Il présida aussi le conseil du musée de Robben Island. L'île de sa captivité devenait un lieu de mémoire.
En 2008, il créa la Fondation Ahmed Kathrada. Sa mission : bâtir des valeurs non raciales. Ses programmes portent sur le non-racialisme, la démocratie et la jeunesse.
Il mourut le 28 mars 2017 à Johannesburg. Il avait 87 ans.
Kathrada venait d'une famille indienne. Son « nous » sans couleur fait écho à l'Ubuntu de ses camarades, sans s'y confondre : chacun est une personne, et personne ne se libère seul.
Un jour de juin 1964, on avait séparé les prisonniers selon leur couleur. Toute sa vie, il travailla à ce qu'on ne sépare plus personne.
Sources
- Ahmed Kathrada (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
- Ahmed Mohamed (Kathy) Kathrada (South African History Online) www.sahistory.org.za
- Mr Ahmed Kathrada (Fondation Nelson Mandela) nelsonmandela.org
- About us (Fondation Ahmed Kathrada) www.kathradafoundation.org
Chaque donnée de cette page renvoie à une source publique vérifiable.