États-Unis, 1960
Ella Baker
Militante pendant plus d'un demi-siècle, Ella Baker aida en 1960 des étudiants à fonder le SNCC, en les mettant en garde contre un mouvement centré sur un chef. Pour elle, les gens forts n'ont pas besoin de chefs forts.

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora
C'était le week-end de Pâques, en avril 1960, à l'Université Shaw, à Raleigh, en Caroline du Nord.
De jeunes militants arrivaient de tout le Sud pour une conférence.
Celle qui les avait réunis avait cinquante-six ans. Elle s'appelait Ella Baker.
C'était son ancienne université. Trente-trois ans plus tôt, elle y avait reçu son diplôme, première de sa promotion.
Ella était née le 13 décembre 1903 à Norfolk, en Virginie. En 1910, après une émeute raciale, sa famille partit près de Littleton, en Caroline du Nord. Ella avait sept ans.
Là, sa grand-mère lui raconta l'esclavage. Elle avait été esclave. Elle avait été battue pour avoir refusé d'épouser l'homme choisi par son maître.
Ces histoires restèrent en Ella. Elles lui apprirent ce qu'est l'injustice.
Après ses études, elle partit pour New York. Dans le Harlem des années 1930, elle travailla pour une ligue de coopératives noires. Elle en devint la directrice nationale.
Elle enseigna aux travailleurs. Elle fonda un club d'histoire noire à la bibliothèque de Harlem.
En 1938, elle commença à travailler pour la NAACP, l'association pour les droits des Noirs. Vers 1940, elle voyageait pour elle. Elle recrutait des membres et levait des fonds.
En 1943, elle devint directrice des sections de l'association. Environ trois ans plus tard, elle quitta ce poste pour s'occuper de sa nièce. En 1952, elle prit la tête de la section new-yorkaise de l'association.
En 1957, elle aida Martin Luther King Jr. à lancer une nouvelle organisation, la SCLC. Elle en dirigea le bureau d'Atlanta, puis en fut la directrice exécutive par intérim jusqu'en avril 1960.
Mais elle s'y heurtait aux dirigeants, tous des hommes. Elle pensait que le mouvement ne devait pas tourner autour d'un seul chef. Un jour, elle dit que le mouvement avait fait Martin, et non l'inverse.
En ce printemps 1960, elle réunit les étudiants à Shaw.
Elle les mit en garde contre un mouvement centré sur un chef.
Ce week-end-là naquit le SNCC, le Comité de coordination non violent des étudiants.
On l'appela la « marraine du SNCC ». Elle aida les jeunes à se tourner vers l'action directe et l'inscription des électeurs noirs.
En 1964, elle aida à fonder le Parti démocrate de la liberté du Mississippi. Elle accompagna ses délégués jusqu'à Atlantic City, à la convention démocrate.
Elle le dit un jour simplement :
« Ma théorie, c'est que les gens forts n'ont pas besoin de chefs forts. »
On la surnommait Fundi. En 1981, un film raconta sa vie sous ce nom.
Sa façon de faire, ensemble, a sa propre histoire. Elle fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : on devient fort par les autres.
Ella Baker mourut à New York le 13 décembre 1986. C'était le jour de ses quatre-vingt-trois ans.
Aujourd'hui, un centre pour les droits humains et une école de Manhattan portent son nom.
Il reste d'elle une idée née dans une salle d'université. Un mouvement n'a pas besoin d'un sauveur. Il a besoin de tout le monde.
Sources
- Ella Baker (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
- Ella Baker (Biography.com) www.biography.com
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