Kanehsatà:ke, 1990
Ellen Gabriel
Artiste kanien'kehá:ka de Kanehsatà:ke, Ellen Gabriel fut choisie comme porte-parole par les gens de la Maison longue pendant la crise de l'été 1990. Elle a ensuite défendu les droits des femmes autochtones, la terre et la langue.

Vies inspirantes · Premières Nations et Sept générations
C'était en mars 1990, à Kanehsatà:ke, au Québec.
À Oka, on voulait agrandir un terrain de golf. Le projet menaçait les Pins.
Des gens de Kanehsatà:ke décidèrent de protéger les Pins. Une artiste se joignit à eux. Son nom : Ellen Gabriel. Son nom kanien'kéha est Katsi'tsakwas.
Elle était née en 1959, à Kanehsatà:ke. Elle appartenait au clan de la Tortue.
Elle enseignait l'art au Centre culturel et linguistique de Kanehsatake. Et elle terminait un baccalauréat en beaux-arts à l'Université Concordia. Elle l'obtint en mai 1990.
Ce furent les gens de la Maison longue, et sa communauté, qui la choisirent comme porte-parole.
L'été arriva. La crise éclata.
Pendant soixante-dix-huit jours, la communauté et les forces policières se firent face. Au cours de cet été 1990, Kanehsatà:ke et Kahnawà:ke vécurent un siège.
Pendant ces semaines, c'est sa voix qui porta la parole des siens.
En 1993, elle figura dans un documentaire : Kanehsatake : 270 ans de résistance.
Après 1990, elle ne quitta pas la lutte.
De 2001 à 2004, elle coordonna la Maison des Premiers Peuples de l'Université McGill.
En mars 2004, elle devint présidente de Femmes autochtones du Québec. Elle le resta jusqu'en décembre 2010.
Elle y défendit les droits des femmes autochtones. Elle parla notamment de la loi C-31 et de la Loi sur les Indiens. Elle témoigna devant des commissions parlementaires.
En 2005, l'Association des femmes autochtones du Canada lui remit le prix de l'Aigle d'or. En 2008, elle reçut un prix pour les femmes artisanes de paix, le Jigonsaseh Women of Peace Award.
Puis elle revint à la langue.
À partir de novembre 2011, elle travailla au centre linguistique de Kanehsatà:ke, pour aider à restaurer le kanien'kéha.
Elle rejoignit aussi le comité directeur d'Indigenous Climate Action.
Elle revint enfin aux images.
En 2021, elle termina une formation en documentaire à la New York Film Academy. Son film, Kanàtenhs – When the Pine Needles Fall, fut primé à plusieurs reprises. En avril 2025, le Conseil des arts de Montréal lui remit son Grand Prix pour ce film.
En juin 2024, l'Université du Québec à Montréal lui décerna un doctorat honorifique.
Avec l'historien Sean Carleton, elle signa aussi un livre, When the Pine Needles Fall: Indigenous Acts of Resistance. C'était le premier livre sur le siège raconté de son point de vue. Il figura sur la longue liste de Canada Reads 2025.
En 1990, elle ne parlait pas en son seul nom : les gens de la Maison longue l'avaient choisie. Cette façon kanien'kehá:ka de se tenir ensemble fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre.
En 1990, un golf menaçait les Pins. Plus de trente ans plus tard, une femme du clan de la Tortue racontait encore l'histoire de ces arbres, aiguille par aiguille.
Sources
- Ellen Gabriel (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
- Katsi'tsakwas Ellen Gabriel (Indigenous Climate Action) www.indigenousclimateaction.com
- When the Pine Needles Fall by Katsi'tsakwas Ellen Gabriel, with Sean Carleton (CBC Books) amp.cbc.ca
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