États-Unis, 1989

Bryan Stevenson

Avocat né au Delaware, Bryan Stevenson fonda l'Equal Justice Initiative en Alabama pour défendre des condamnés à mort et des personnes injustement emprisonnées. Il répète que chaque personne vaut plus que le pire geste qu'elle a commis.

Photo : Bryan Stevenson at TED, 2012 · James Duncan Davidson · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était en 1993, en Alabama.

Un homme sortit de prison. Il s'appelait Walter McMillian. Il avait été condamné à mort, et sa condamnation venait d'être annulée.

Son avocat s'appelait Bryan Stevenson.

Bryan Stevenson était né le 14 novembre 1959, à Milton, une petite ville du sud du Delaware.

Enfant, il commença l'école dans un établissement réservé aux enfants noirs. Même après la fin de la ségrégation, les vieilles règles restaient. Sa mère protesta. Elle voulait pour ses enfants la meilleure éducation possible.

Adolescent, il perdit son grand-père, assassiné à Philadelphie. Bryan pensa que la police n'avait pas fait de l'affaire une priorité, parce que la victime était pauvre et noire.

Il étudia la philosophie à l'Université Eastern, en Pennsylvanie. Puis il entra à Harvard, avec une bourse complète.

Pendant ses études, il fit un stage à Atlanta, auprès d'avocats qui défendaient des condamnés à mort. Ce fut un tournant.

En 1985, il sortit de Harvard avec un diplôme de droit et un autre en politiques publiques. Puis il retourna à Atlanta, défendre des condamnés à mort de l'Alabama.

En 1989, il prit la direction d'un bureau d'aide juridique à Montgomery, en Alabama. C'est là qu'est née l'Equal Justice Initiative. Il en devint le directeur, sans salaire.

L'un de ses dossiers fut celui de Walter McMillian.

C'était un travailleur noir de 45 ans. En 1988, on l'avait condamné à mort pour un meurtre commis à Monroeville, deux ans plus tôt.

Bryan Stevenson étudia le dossier. Des témoignages étaient douteux. Des preuves avaient été cachées.

L'émission de télévision 60 Minutes raconta l'affaire.

En 1993, la condamnation fut annulée. Walter McMillian fut libéré.

En 2012, dans l'affaire Miller v. Alabama, la Cour suprême des États-Unis déclara inconstitutionnelle la prison à vie obligatoire, sans libération possible, pour les mineurs.

En 2014, il raconta son combat dans un livre, Just Mercy. Un film en fut tiré en 2019.

En 2018, son équipe ouvrit à Montgomery un musée et un mémorial pour la paix et la justice. On y a suspendu 800 colonnes d'acier. Sur chacune sont gravés des noms de victimes de lynchages.

Environ 4 400 lynchages y sont documentés.

En 2022, l'Equal Justice Initiative avait épargné la peine de mort à plus de 130 personnes.

Bryan Stevenson a résumé sa conviction ainsi :

« chaque personne dans notre société est plus que le pire geste qu'elle ait commis. »
Bryan Stevenson, NYU Law Magazine, 2007, cité par Britannica (traduction libre)

Sa façon de voir fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre : personne n'est réduit à un seul jour de sa vie, et une société se juge à la façon dont elle traite les pauvres, les condamnés, les prisonniers.

À Montgomery, les colonnes d'acier du mémorial portent des noms. Chaque nom était une personne.

Sources

  1. Bryan Stevenson (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
  2. Bryan Stevenson (Encyclopædia Britannica) www.britannica.com
  3. Equal Justice Initiative (Encyclopedia of Alabama) encyclopediaofalabama.org

Chaque donnée de cette page renvoie à une source publique vérifiable.