Manitoba, 2015
Murray Sinclair
Juge anishinaabe du Manitoba, Murray Sinclair a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones. Son rapport de 2015 a proposé 94 appels à l'action.

Vies inspirantes · Premières Nations et Sept générations
C'était le 15 décembre 2015, au Canada.
La Commission de vérité et réconciliation remit son rapport final. Pendant des années, plus de sept mille anciens élèves des pensionnats autochtones étaient venus raconter ce qu'ils avaient vécu.
À la tête de la Commission, il y avait un juge anishinaabe du Manitoba. Il s'appelait Murray Sinclair.
Le rapport parlait de « génocide culturel ». Il proposait 94 appels à l'action.
Murray Sinclair était né en 1951 sur l'ancienne réserve de St. Peter's, près de Selkirk, au nord de Winnipeg. Il était membre de la Première Nation de Peguis.
Il portait aussi un nom anishinaabe : Mizanay Gheezhik. Celui qui parle des images dans le ciel.
Sa mère, Florence, mourut quand il était encore bébé. Ses grands-parents, Jim et Catherine Sinclair, l'élevèrent, avec ses trois frères et sœurs.
Ses parents et ses grands-parents étaient passés par les pensionnats.
Il termina ses études secondaires à Selkirk en 1968. Il étudia ensuite le droit à l'Université du Manitoba, et obtint son diplôme en 1979. L'année suivante, il entra au Barreau.
En 1988, à trente-sept ans, il devint juge en chef adjoint de la Cour provinciale. Il était le premier juge autochtone du Manitoba, et le deuxième du Canada.
La même année, le premier ministre Howard Pawley le nomma co-commissaire d'une enquête sur la justice et les peuples autochtones au Manitoba. Le rapport, en 1991, constata un racisme systémique dans le système de justice. Il formula 296 recommandations.
Sinclair enseigna aussi le droit, comme professeur auxiliaire à l'Université du Manitoba.
En 2001, il fut nommé à la Cour du Banc de la Reine, là encore le premier juge autochtone.
En 2007, on lui proposa de diriger la Commission de vérité et réconciliation. Il refusa d'abord. En 2009, il accepta.
Commencèrent alors six années d'écoute.
Des milliers d'anciens élèves vinrent témoigner. Le juge les écouta.
Pour lui, ces récits ne concernaient pas seulement les peuples autochtones. Ils concernaient tout le pays.
« C'est aussi l'histoire de l'expérience du Canada. »
Il rappelait aussi que les élèves des écoles publiques avaient reçu le même message : celui de l'infériorité des peuples autochtones.
En avril 2016, il fut nommé au Sénat. Il y siégea jusqu'en janvier 2021. Puis il devint chancelier de l'Université Queen's, de 2021 à 2024.
Il fut fait Compagnon de l'Ordre du Canada. En 2024, il reçut l'Ordre du Manitoba.
Murray Sinclair mourut le 4 novembre 2024, à Winnipeg.
Son travail d'écoute et de réconciliation, celui d'un juge anishinaabe, fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre.
Celui qui parle des images dans le ciel avait écouté. Puis il avait mis en mots, pour tout un pays, ce que des milliers d'enfants devenus grands lui avaient confié.
Sources
- Murray Sinclair (L'Encyclopédie canadienne) www.thecanadianencyclopedia.ca
- L'honorable Murray Sinclair (Patrimoine canadien, gouvernement du Canada) www.canada.ca
- A look at the life of TRC commissioner Murray Sinclair (CBC News, 2015) amp.cbc.ca
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