Ontario, 1951
Kay Livingstone
Animatrice de radio et comédienne, Kay Livingstone cofonda à Toronto, en 1951, la Canadian Negro Women's Association. Elle réunit en 1973 le premier congrès national des femmes noires et on lui attribue l'expression « minorité visible ».
Vies inspirantes · Canada et Québec
C'était en 1951, à Toronto.
Une femme réunissait des amies. Peu à peu, ces rencontres devinrent autre chose : une association d'entraide.
Cette femme s'appelait Kay Livingstone.
Cette année-là, avec d'autres femmes, elle aida à fonder le Canadian Negro Women's Club. Il deviendrait la Canadian Negro Women's Association. Elle en fut la première présidente.
Kathleen Jenkins était née à London, en Ontario.
Ses parents, James et Christina, publiaient un journal pour les Noirs de la région : The Dawn of Tomorrow. L'aube de demain.
Son père était aussi juge adjoint au tribunal de la jeunesse. Il mourut en 1931. Sa mère et les enfants continuèrent le journal.
Elle étudia au Conservatoire royal de musique, à Toronto, et l'art de la diction à Ottawa.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle travailla à Ottawa, au Bureau fédéral de la statistique. Elle y lança aussi une émission de radio : The Kathleen Livingstone Show.
En 1942, elle épousa George Livingstone. Le couple s'installa à Toronto. Ils y élevèrent leurs cinq enfants.
À Toronto, sa voix passa sur plusieurs stations, dont la CBC. Elle joua au cinéma et à la télévision. On la disait l'une des grandes actrices noires du Canada.
Le 13 février 1950, dans une église de Toronto, on célébra pour la première fois au Canada la Semaine de l'histoire des Noirs. Kay fut l'une des oratrices.
Son association offrait des bourses d'études à des étudiants noirs. Elle organisait des collectes de fonds, comme le Calypso Carnival.
Elle s'engagea aussi ailleurs : à l'Association des Nations Unies, au YWCA, au Conseil canadien des Églises, à l'aide juridique.
En avril 1973, à Toronto, elle organisa et présida le premier congrès national des femmes noires du Canada.
Elles furent environ deux cents. En 1980, le mouvement devint une organisation nationale, le Congrès des femmes noires du Canada.
Kay devint consultante pour le Bureau du Conseil privé, à Ottawa. Elle travaillait sur la place des femmes et des Afro-Canadiens dans la société.
En 1975, l'Année internationale de la femme, elle traversa le pays. Elle préparait une conférence nationale des femmes appartenant à une minorité visible.
On lui attribue l'invention de ces deux mots : « minorité visible ».
Marcia Wharton-Zaretsky a qualifié ce terme de « radical ».
Kay Livingstone n'eut pas le temps de voir sa conférence. Le 25 juillet 1975, elle mourut subitement, en pleine préparation. Sa communauté fut sous le choc.
Le Congrès des femmes noires, lui, continua sa route.
En 2011, le gouvernement du Canada la reconnut comme personne d'importance historique nationale. En 2017, une plaque fut posée dans un parc de l'avenue Bedford Park, à Toronto. En 2018, Postes Canada lui consacra un timbre.
Sa vie fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : une femme seule ne fait pas un mouvement. Il faut des amies qui se réunissent, puis qui reviennent.
Tout avait commencé par des rencontres entre amies, à Toronto.
Vingt-deux ans plus tard, elles étaient deux cents, venues de tout le pays.
Sources
- Kay Livingstone (L'Encyclopédie canadienne) www.thecanadianencyclopedia.ca
- Kathleen « Kay » Livingstone (1918-1975) (Parcs Canada, 2017) www.canada.ca
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