Québec, 2005

Michaëlle Jean

Arrivée d'Haïti au Québec en 1968, Michaëlle Jean devient journaliste à Radio-Canada, puis, en 2005, la première personne noire gouverneure générale du Canada. Elle sera ensuite la première femme secrétaire générale de la Francophonie.

Photo : Michaëlle Jean in Brazil, 2007 · Roosewelt Pinheiro/ABr · CC BY 3.0 br · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Canada et Québec

C'était le 27 septembre 2005, à Ottawa, dans la salle du Sénat.

Une femme de quarante-huit ans était installée gouverneure générale du Canada. Elle s'appelait Michaëlle Jean. Pour la première fois, une personne noire occupait cette fonction.

Dans son discours, elle dit que le temps des « deux solitudes » qui avaient trop longtemps décrit le pays était passé.

Elle avait choisi une devise :

« Briser les solitudes. »
Michaëlle Jean, devise de la gouverneure générale, 2005

Michaëlle Jean était née le 6 septembre 1957 à Port-au-Prince, en Haïti. Elle passait ses étés et ses fins de semaine à Jacmel, la ville de sa mère.

Son père, Roger, dirigeait une école protestante. Il y enseignait la philosophie.

Haïti vivait alors sous la dictature de François Duvalier, qu'on appelait « Papa Doc ». Pour aller à l'école, il fallait jurer fidélité au dictateur. Ses parents refusèrent. Michaëlle apprit donc à la maison.

En 1965, son père fut arrêté et torturé. En 1967, il s'enfuit au Canada.

L'année suivante, Michaëlle, sa mère Luce et sa sœur le rejoignirent. La famille s'installa à Thetford Mines, au Québec.

Plus tard, Michaëlle partit vivre à Montréal avec sa mère et sa sœur, dans un appartement en sous-sol de la Petite-Bourgogne.

Elle étudia les langues et les littératures italiennes et hispaniques à l'Université de Montréal. Elle enseigna l'italien. Elle parlait cinq langues : le français, le créole haïtien, l'anglais, l'italien et l'espagnol.

Pendant ces années, elle travailla dans un refuge pour femmes victimes de violence. Elle coordonna aussi une étude sur la violence conjugale. Ce travail aida à créer un réseau de refuges partout au Canada.

En 1986, elle retourna en Haïti, au moment où Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier était chassé du pouvoir.

En 1988, elle entra à Radio-Canada. Elle fut la première personne noire à paraître aux nouvelles de la télévision francophone du Canada. Plus tard, elle anima des documentaires à la CBC. En 2004, elle avait sa propre émission, Michaëlle.

Comme gouverneure générale, elle fit ses priorités des droits de la personne, des arts, du Nord canadien, de l'Afrique et d'Haïti.

En décembre 2008, à la demande du premier ministre Stephen Harper, elle accepta de proroger le Parlement.

Le 12 janvier 2010, la terre trembla en Haïti. À Ottawa, elle prit la parole, émue, en partie en créole. En mars, elle se rendit sur place.

Elle quitta ses fonctions le 1er octobre 2010. La même année, elle créa une fondation pour les jeunes des milieux ruraux, nordiques et défavorisés.

Le 8 novembre 2010, l'UNESCO la nomma envoyée spéciale pour Haïti.

Le 30 novembre 2014, les pays de la Francophonie la choisirent comme secrétaire générale. Elle fut la première femme à ce poste. Son mandat dura de janvier 2015 à janvier 2019. En 2018, au sommet d'Arménie, les pays membres choisirent Louise Mushikiwabo pour lui succéder.

Michaëlle Jean vient d'Haïti, avec ses propres traditions. Sa devise fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : on n'existe pleinement qu'en sortant de sa solitude, vers l'autre.

Une petite fille avait étudié à la maison, pour ne pas jurer fidélité à un dictateur.

En 2005, elle devenait gouverneure générale du Canada.

Sources

  1. Michaëlle Jean (L'Encyclopédie canadienne) www.thecanadianencyclopedia.ca
  2. Michaëlle Jean (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org

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