Pologne, 1942

Irena Sendler

Travailleuse sociale à Varsovie, Irena Sendler aida à faire sortir du ghetto des enfants juifs et nota en secret leurs vrais noms. Yad Vashem l'honora comme Juste parmi les nations en 1965.

Photo : Irena Sendler in 1942 · Unknown author · Domaine public · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Soigner et protéger

C'était en 1940, à Varsovie, en Pologne occupée.

Le 16 novembre, les Allemands fermèrent le ghetto.

Une travailleuse sociale de la ville obtint un laissez-passer. Officiellement, elle venait inspecter l'hygiène. En réalité, elle venait aider.

Elle s'appelait Irena Sendler.

Elle était née à Varsovie le 15 février 1910. Elle avait grandi à Otwock, où son père, Stanisław Krzyżanowski, était médecin et dirigeait un sanatorium.

Elle avait étudié à l'Université de Varsovie. Puis elle était entrée au service d'aide sociale de la ville.

Dès le début de l'occupation, avec quelques collègues, elle remplit de fausses fiches d'aide. L'argent et les vêtements ainsi obtenus allaient à des familles juives.

Dans le ghetto, elle prit contact avec une organisation juive d'entraide. Entre 1940 et 1942, avec d'autres, elle plaça une douzaine de nourrissons juifs du côté polonais.

Le 22 juillet 1942 commença la liquidation du ghetto. Environ 280 000 Juifs de Varsovie furent déportés vers Treblinka.

À l'automne 1942 naquit un réseau clandestin : Żegota, le Conseil d'aide aux Juifs. Irena devint l'une de ses principales militantes. Dans la clandestinité, on l'appelait Jolanta.

En septembre 1943, elle prit la tête de la section qui s'occupait des enfants.

Il fallait les cacher. Dans des orphelinats, comme celui de la Famille de Marie, à Varsovie. Dans des couvents. Dans des écoles, des hôpitaux, des familles. Chaque enfant recevait un nouveau nom.

Irena notait, en code, leur vrai nom et l'endroit où chacun avait été placé. Pour que leurs proches puissent les retrouver après la guerre.

Combien d'enfants furent sauvés ? On a souvent avancé le chiffre de plus de 2 500. Yad Vashem rappelle que le nombre exact reste inconnu.

Le 20 octobre 1943, la Gestapo l'arrêta.

Elle avait caché les adresses codées des enfants, et l'argent.

On l'emmena à la prison de Pawiak. Elle fut torturée. Elle fut condamnée à mort.

Żegota ne l'abandonna pas. Le réseau soudoya des responsables. En février 1944, Irena fut libérée.

Elle prit une nouvelle identité, Klara Dąbrowska, et poursuivit le travail clandestin. Elle ne put pas assister aux funérailles de sa mère.

Pendant l'insurrection de Varsovie, en 1944, elle fut infirmière.

Après la guerre, elle continua de travailler dans l'aide sociale. Deux rescapées vécurent plusieurs années chez elle.

Le 19 octobre 1965, Yad Vashem la reconnut comme Juste parmi les nations. Un arbre fut planté en son honneur, à l'entrée de l'Allée des Justes.

En 1983, lors d'un voyage en Israël, elle planta elle-même un olivier dans le Jardin des Justes.

Irena Sendler mourut à Varsovie le 12 mai 2008. Elle avait quatre-vingt-dix-huit ans.

Son courage ne venait pas de l'Ubuntu, mais il y fait écho : elle risqua sa vie pour des enfants qui n'étaient pas les siens.

Il reste l'image de listes de noms, écrites en code, dans une ville en guerre. Des noms qu'on avait voulu effacer, et qu'elle garda.

Sources

  1. Irena Sendler (Yad Vashem, exposition « Righteous Women ») wwv.yadvashem.org
  2. Irena Sendler, 1910-2008 (United States Holocaust Memorial Museum) www.ushmm.org
  3. Irena Sendler's biography (Polscy Sprawiedliwi) sprawiedliwi.org.pl

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