Tanzanie, 1967
Julius Nyerere
Instituteur devenu premier président de la Tanzanie, Julius Nyerere voulut bâtir son pays sur l'ujamaa, l'esprit de famille. Son projet connut des échecs, mais il laissa une nation unie.

Vies inspirantes · Penseurs de l'Ubuntu
C'était en 1967, à Arusha, en Tanzanie.
Un homme présenta à son pays une déclaration. Elle parlait de banques, d'usines, d'écoles et de dispensaires. Mais surtout, elle parlait d'un mot : ujamaa. L'esprit de famille.
Cet homme, tout le monde l'appelait Mwalimu. L'enseignant.
Julius Nyerere était né le 13 avril 1922, à Butiama, dans la région de Mara. Son père, Nyerere Burito, était chef des Zanaki. Il avait de nombreux enfants.
Julius n'entra à l'école qu'à douze ans. Il passa par Tabora, puis par Makerere, en Ouganda, où il obtint un diplôme d'enseignant.
En 1943, il écrivait déjà que l'Africain instruit devait prendre les devants.
Il devint professeur. À St. Mary's, à Tabora, il enseigna la biologie et l'anglais. Il avait choisi ce poste, même si le salaire était plus bas.
Puis il partit en Écosse. À l'Université d'Édimbourg, il obtint une maîtrise en économie et en histoire, en 1952.
De retour chez lui, il enseigna au St. Francis' College, à Pugu, près de Dar es Salaam. Il y enseignait l'histoire, l'anglais et le kiswahili.
Mais le pays n'était pas encore indépendant. Le 7 juillet 1954, avec d'autres, il fonda un parti : la TANU, l'Union nationale africaine du Tanganyika.
Le parti l'affirmait : la lutte visait le colonialisme, et non les Blancs.
Le 9 décembre 1961, le Tanganyika devint indépendant. Nyerere en fut le Premier ministre, puis, un an plus tard, le premier président. En 1964, le Tanganyika et Zanzibar s'unirent. Ce fut la Tanzanie.
Puis vint Arusha, en 1967.
L'ujamaa, c'était l'idée que la nation pouvait vivre comme une grande famille. Les banques et les grandes industries furent nationalisées. On développa l'éducation et la santé.
Le rêve se heurta à la réalité. Les fermes collectives freinèrent la production de nourriture. Certaines régions durent compter sur l'aide alimentaire.
Nyerere gouverna aussi avec un parti unique. Une loi de 1962 permettait de détenir des gens sans procès. On l'accusa d'autoritarisme. Ces ombres font partie de son histoire.
On le loua pourtant pour la stabilité et l'unité de son pays.
En 1978 et 1979, la guerre contre l'Ouganda fit tomber Idi Amin.
En 1985, Nyerere fit une chose rare. Il quitta le pouvoir de lui-même. Il fut le premier chef d'État africain à se retirer volontairement.
Il ne cessa pas de servir. En 1996, il devint le médiateur en chef du conflit au Burundi.
Il disait de lui-même :
« instituteur par choix et homme politique par accident. »
L'ujamaa vient de sa propre tradition. Il fait écho à l'Ubuntu : la conviction qu'une personne ne grandit jamais seule, mais au milieu des siens.
Julius Nyerere mourut le 14 octobre 1999, à Londres. On le ramena chez lui. Il repose à Butiama, là où il était né.
Son surnom, lui, est resté : Mwalimu. Celui qui enseigne.
Sources
- Julius Nyerere (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
- Mwalimu Julius Kambarage Nyerere – Biography (Fondation Mwalimu Nyerere) www.juliusnyerere.org
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