Nunavik, 2005
Sheila Watt-Cloutier
Inuk née à Kuujjuaq, au Nunavik, Sheila Watt-Cloutier présida le Conseil circumpolaire inuit de 2002 à 2006. En 2005, avec 62 chasseurs et aînés inuits, elle porta le réchauffement climatique devant une commission des droits de la personne.

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C'était le 7 décembre 2005.
Une femme inuk déposa une pétition devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme. Avec elle, soixante-deux chasseurs et aînés inuits du Canada et de l'Alaska signaient le texte.
Leur argument : les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis menaçaient la culture inuite. Elles violaient donc leurs droits.
Cette femme s'appelait Sheila Watt-Cloutier.
Elle était née le 2 décembre 1953 à Kuujjuaq, au Nunavik, dans le nord du Québec.
Pendant ses dix premières années, elle fut élevée selon les façons de faire traditionnelles. Elle voyageait sur le territoire en traîneau à chiens.
Puis on l'envoya loin de chez elle, dans des écoles de la Nouvelle-Écosse et de Churchill, au Manitoba, dans le système des pensionnats.
Elle revint dans le Nord. Au milieu des années 1970, elle travailla à l'hôpital d'Ungava comme traductrice d'inuktitut.
En 1995, elle fut élue présidente du Conseil circumpolaire inuit du Canada. Elle fut réélue en 1998.
Elle aida à négocier la Convention de Stockholm, signée en 2001. Elle portait sur les polluants organiques persistants, comme les BPC et le DDT.
De 2002 à 2006, elle présida le Conseil circumpolaire inuit à l'échelle internationale.
C'est pendant ce mandat qu'elle déposa la pétition de 2005.
La Commission refusa d'abord de l'examiner. Puis elle invita Sheila Watt-Cloutier à témoigner, lors d'une audience à Washington, le 1er mars 2007.
Lancer une pétition contre les États-Unis, disait-elle, ce n'était pas une affaire personnelle.
« C'est une passion que je ne suis pas près d'abandonner. »
En 2006, elle fut nommée à l'Ordre du Canada.
En 2007, elle figura parmi les plus de 180 candidatures proposées pour le prix Nobel de la paix. Al Gore était aussi du nombre.
Elle reçut aussi le prix Right Livelihood, pour son travail de toute une vie en faveur des Inuit de l'Arctique.
En 2015, elle publia The Right to Be Cold, le droit d'avoir froid. Le livre fut retenu parmi les finalistes de Canada Reads.
Sheila Watt-Cloutier est inuk. En 2005, elle n'avait pas parlé seule : soixante-deux chasseurs et aînés inuits avaient signé avec elle. Cette façon d'agir ensemble fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre.
Il reste d'elle l'image d'une enfant de Kuujjuaq qui voyageait sur le territoire en traîneau à chiens. Et d'une femme qui, des années plus tard, défendit le droit d'avoir froid.
Sources
- Sheila Watt-Cloutier (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
- Turning Up the Heat on Global Warming (Cultural Survival Quarterly, 2010) www.culturalsurvival.org
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