Ontario, 1841

Josiah Henson

Né esclave au Maryland, Josiah Henson s'enfuit vers le Haut-Canada avec sa famille en 1830. Il aida ensuite à bâtir la colonie de Dawn, près de Dresden, avec une école pour les réfugiés.

Photo : Josiah Henson · Domaine public · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Canada et Québec

C'était le 28 octobre 1830, au bord de la rivière Niagara.

Un homme venait de traverser l'eau avec sa femme et leurs quatre enfants. Il posa le pied sur la rive du Haut-Canada.

Il se jeta sur le sol. Il laissa éclater sa joie, avec les siens.

Il s'appelait Josiah Henson. Pour la première fois de sa vie, il était libre.

Il était né esclave, le 15 juin 1789, dans le comté de Charles, au Maryland.

Son père fut puni pour avoir tenu tête à un surveillant. Puis il fut vendu en Alabama.

Après la mort de leur propriétaire, on vendit ses frères et sœurs aux enchères. Sa mère supplia son nouvel acheteur, Isaac Riley, de prendre aussi son petit dernier. Il la repoussa avec brutalité.

Plus tard pourtant, Riley acheta l'enfant. La mère garda son plus jeune près d'elle.

Jeune homme, Josiah fut attaqué par un surveillant. Il en resta blessé pour toujours. Jamais plus il ne put lever les bras au-dessus des épaules.

Vers 1811, il épousa Charlotte. Ils eurent douze enfants.

En 1825, Riley était ruiné. Il ordonna à Josiah de conduire ses esclaves, à pied, jusqu'au Kentucky, chez son frère. Josiah les mena jusqu'au bout.

Il devint aussi prédicateur méthodiste.

En 1828, il voulut acheter sa liberté. Il avait économisé 350 dollars. Mais Riley changea le montant du billet : 1 000 dollars.

Puis Josiah apprit qu'on allait le vendre à La Nouvelle-Orléans.

Alors il partit. Avec Charlotte et les enfants, il marcha la nuit et se cacha le jour. Ils traversèrent l'Indiana, puis l'Ohio.

Ils passèrent par Cincinnati. Puis un capitaine, nommé Burnham, les aida à gagner Buffalo par bateau. Il ne restait plus qu'à franchir la rivière.

Et c'est ainsi qu'arriva ce jour d'octobre, sur la rive canadienne.

Au Haut-Canada, Josiah travailla dans des fermes, près de Fort Erie, puis près de Waterloo.

Son fils aîné, Tom, alla à l'école grâce à l'argent que gagnait son père. Puis c'est Tom qui apprit à lire à Josiah.

Plusieurs fois, il retourna au Kentucky. Il guida d'autres esclaves vers la liberté.

Avec Hiram Wilson et un associé, il acheta 200 acres de terre dans le canton de Dawn, près de Dresden. Dès 1841, il y vécut dans sa maison.

En 1842 ouvrit l'Institut britannique-américain. Une école de travail manuel, pour des élèves de tous âges.

Autour d'elle grandit une colonie. Une scierie, un moulin, une briqueterie. À son plus fort, Dawn compta environ 500 personnes. On y coupait du noyer noir, qu'on vendait au loin.

En 1849, Josiah publia le récit de sa vie.

L'écrivaine Harriet Beecher Stowe le rencontra et lut son livre. En 1852 parut son roman La Case de l'oncle Tom. On dit que Josiah en inspira le héros. La question reste débattue.

Il traversa plusieurs fois l'océan pour lever des fonds. En 1877, en Angleterre, il rencontra la reine Victoria.

La vie de Dawn, avec son école pour les réfugiés, fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre : personne n'est libre tout seul.

Josiah Henson mourut à Dresden, en Ontario, le 5 mai 1883.

Sa maison est toujours là. Elle fait partie d'un musée d'histoire afro-canadienne qui porte son nom.

Il reste de lui une rive de la Niagara. Et un homme qui se jette au sol, sur la terre libre, avec les siens autour de lui.

Sources

  1. Henson, Josiah (Dictionnaire biographique du Canada, vol. XI) www.biographi.ca
  2. Josiah Henson (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
  3. Résumé de l'autobiographie de Josiah Henson, Erin Bartels (Documenting the American South, Université de Caroline du Nord) docsouth.unc.edu

Chaque donnée de cette page renvoie à une source publique vérifiable.