Ontario, 1995

Jean Augustine

Arrivée de la Grenade en 1960 pour travailler comme bonne d'enfants, Jean Augustine devint enseignante, directrice d'école, puis la première femme noire élue à la Chambre des communes. En 1995, sa motion fit reconnaître février comme Mois de l'histoire des Noirs au Canada.

Photo : Jean Augustine in Etobicoke, 2010 · Radey Barrack · CC BY 2.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Canada et Québec

C'était en 1960, à Toronto.

Une jeune femme venait d'arriver de la Grenade. Elle allait garder les enfants d'une famille du quartier de Forest Hill.

Elle était venue grâce à un programme du gouvernement canadien. On recrutait des femmes des Antilles pour travailler comme bonnes d'enfants. Après un an, elles pouvaient rester au pays.

Chez elle, elle avait été enseignante. Mais elle y était mal payée.

Elle s'appelait Jean Augustine.

Elle était née Jean Simon le 9 septembre 1937, à la Grenade. Son père travaillait dans une plantation de canne à sucre. Il mourut quand elle était toute petite.

La famille alla vivre chez une femme âgée qu'on appelait « Granny ». Granny voulait que les enfants étudient. Jean fut une excellente élève. Elle aimait la musique, la radio et l'enseignement.

À Toronto, après son année de travail, elle retourna aux études. En 1963, elle obtint son certificat d'enseignante de l'Ontario.

Elle enseigna dans les écoles catholiques de Toronto. Puis elle devint directrice adjointe, et directrice d'école. Elle continua d'étudier, jusqu'à une maîtrise en éducation en 1980.

Plus tard, elle dira :

« J'ai constaté que le programme scolaire parlait très peu des Canadiens d'origine africaine. »
Jean Augustine, citée par L'Encyclopédie canadienne (traduction libre)

Elle s'engagea aussi dans sa communauté. En 1967, elle fit partie du premier comité qui organisa le festival Caribana. En 1973, elle fonda la section de Toronto du Congrès des femmes noires du Canada. Elle en devint plus tard la présidente nationale.

En 1993, les électeurs d'Etobicoke–Lakeshore l'élurent députée libérale. Elle devint la première femme noire élue à la Chambre des communes.

En décembre 1995, elle présenta une motion. Elle demandait que février soit reconnu, partout au Canada, comme le Mois de l'histoire des Noirs.

La Chambre l'adopta à l'unanimité.

Une autre de ses motions, pour un monument aux Célèbres cinq sur la colline du Parlement, fut aussi adoptée à l'unanimité.

Le 26 mai 2002, elle entra au Cabinet. Elle était secrétaire d'État au Multiculturalisme et à la Situation de la femme. C'était la première fois qu'une femme noire siégeait au Cabinet fédéral.

Elle quitta la politique fédérale après quatre mandats.

En 2007, l'Ontario la nomma sa première commissaire à l'équité. Son rôle : défendre les personnes formées à l'étranger, qui cherchaient à faire reconnaître leurs diplômes.

Elle occupa ce poste jusqu'en 2015.

Son engagement fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre. Toute sa vie publique, elle travailla à ouvrir des portes aux autres : à l'école, au Parlement, dans les métiers.

En 2014, un centre pour l'autonomie des jeunes femmes ouvrit à Toronto. Il porte son nom. En 2016, une école secondaire de Brampton prit aussi son nom.

Une jeune femme venue garder les enfants des autres. Et, chaque février, dans les classes du pays, des élèves qui apprennent une histoire qu'on ne leur racontait pas.

Sources

  1. Jean Augustine (L'Encyclopédie canadienne) thecanadianencyclopedia.ca
  2. Jean Augustine (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org

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