Fil 05 · Guerre et réconciliation · 25 septembre 2026

Réparer, pour leurs enfants et pour les nôtres

En 1988, le Canada a reconnu l'injustice faite aux Canadiens d'origine japonaise pendant la guerre et a choisi de réparer, pas seulement de regretter.

1 · La scène

Dans le sous-sol d'une église de Villeray, une dame aux cheveux blancs enseigne l'origami aux enfants du quartier. Ses doigts plient le papier sans hésiter. Un garçon lui demande où elle a appris.

« Dans une petite maison, loin de la mer. On avait dû tout laisser derrière nous. » Elle ne dit rien de plus. Elle pose une grue de papier dans la main du garçon. « Tiens. Celle-là, elle est pour toi. »

Vignette originale

2 · Le cas documenté

L'entente de redressement de 1988

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement fédéral invoque la Loi sur les mesures de guerre. Environ 23 000 Canadiens d'origine japonaise, hommes, femmes et enfants, sont chassés de leurs maisons. Plus de 75 % d'entre eux sont nés au Canada ou naturalisés. Beaucoup sont envoyés dans des camps de l'intérieur ou dans des fermes des Prairies. Leurs biens sont vendus sans leur consentement.

Après la guerre, environ 4 000 personnes sont exilées au Japon. Les dernières restrictions ne sont levées qu'en 1949.

La communauté, menée notamment par l'Association nationale des Canadiens d'origine japonaise, réclame justice pendant des années. Le 22 septembre 1988, le premier ministre Brian Mulroney et le président de l'Association, Art Miki, annoncent une entente de redressement. Le gouvernement présente des excuses officielles. Chaque personne directement touchée reçoit 21 000 $. Un fonds communautaire de 12 millions de dollars est créé, ainsi que 24 millions pour fonder la Fondation canadienne des relations raciales, chargée de lutter contre le racisme partout au pays.

Ce qui frappe, c'est que la réparation ne s'arrête pas aux victimes d'hier. Elle bâtit un outil pour tous ceux qui viendront après. C'est une justice ubuntu : réparer une blessure en renforçant le « nous » tout entier.

23 000Canadiens d'origine japonaise déracinés en 1942 (environ)
21 000 $versés à chaque personne directement touchée
24 M$pour créer la Fondation canadienne des relations raciales

3 · La voix

« Réparer les choses avec leurs enfants, et les nôtres. »
Brian Mulroney, premier ministre du Canada, au sujet de l'entente de redressement, 1988 (traduction libre)

4 · La question

Quelle réparation, chez nous, pourrait profiter non seulement à ceux qui ont été blessés, mais aussi aux enfants de tout le monde ?

Sources

  1. Musée canadien pour les droits de la personne, « Japanese Canadian internment and the struggle for redress ». humanrights.ca
  2. National Association of Japanese Canadians, « Japanese Canadian History ». najc.ca
  3. Fondation canadienne des relations raciales, « Redress and Momentum », septembre 2025. crrf-fcrr.ca

Chaque donnée de cette page renvoie à une source publique vérifiable.

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