Fil 04 · Climat et rapport à la terre · 22 septembre 2026

Ne plus rester les bras croisés

En 2012, quatre femmes de la Saskatchewan ont lancé Idle No More pour défendre l'eau et les traités ; des danses rondes ont gagné tout le pays.

1 · La scène

Un samedi de décembre, dans un centre commercial de Laval. Les sacs se croisent, les haut-parleurs jouent des airs de Noël, personne ne lève les yeux.

Puis un tambour commence à battre près de la fontaine. Une femme prend la main d'un inconnu, qui prend celle d'une adolescente, qui tend l'autre à un vieil homme. La ronde s'élargit, lentement. Un père pose ses paquets par terre et fait entrer sa fille dans le cercle. Pendant quelques minutes, le magasinage s'arrête. On se regarde enfin.

Vignette originale

2 · Le cas documenté

Idle No More, un mouvement parti de quatre femmes

En novembre 2012, quatre femmes de la Saskatchewan, Jessica Gordon, Sylvia McAdam, Sheelah McLean et Nina Wilson, fondent Idle No More, que l'on pourrait traduire par « Fini l'inaction ». Elles s'opposent au projet de loi omnibus C-45 du gouvernement fédéral, qui modifiait plus de 60 lois, dont celle sur la protection des eaux navigables. Selon ses opposants, ces changements facilitaient de grands projets, comme des pipelines, sans évaluation environnementale rigoureuse.

Le mouvement se répand par des danses rondes éclair. Le 17 décembre 2012, une ronde se forme au Cornwall Centre de Regina ; le lendemain, au West Edmonton Mall. Ces danses traditionnelles transforment des lieux de consommation en lieux de rassemblement.

Au même moment, du 11 décembre 2012 au 24 janvier 2013, la cheffe d'Attawapiskat, Theresa Spence, mène un jeûne liquide pour réclamer le respect des traités. Elle n'est pas porte-parole du mouvement, mais les causes se rejoignent. Un an plus tôt, sa communauté crie du nord de l'Ontario, environ 1 800 personnes, avait déclaré l'état d'urgence : des familles vivaient sous la tente ou dans des cabanes, parfois sans eau courante, par -20 °C.

Le mouvement n'a pas fait annuler la loi. Mais il a appris à des milliers de gens que protéger une rivière est aussi une question de traités, de relations et de responsabilités partagées. Son énoncé de vision invite d'ailleurs toutes les personnes, quelle que soit leur origine, à s'y joindre.

4fondatrices d'Idle No More, en novembre 2012
1 800habitants d'Attawapiskat, environ, selon la CBC (2011)

3 · La voix

« Une révolution pacifique qui [...] protège la terre, l'eau et le ciel. »
Idle No More, énoncé de vision du mouvement, site officiel consulté en 2026 (traduction libre)

4 · La question

Qui veille sur la rivière derrière chez moi, et qu'est-ce que je dois à celles et ceux qui la protégeaient bien avant moi ?

Sources

  1. « Idle No More » (L'Encyclopédie canadienne) www.thecanadianencyclopedia.ca
  2. « About the Movement » (Idle No More) idlenomore.ca
  3. « Attawapiskat crisis sparks political blame game » (CBC News, 2011) www.cbc.ca

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