Colombie-Britannique, 2013

Phyllis Webstad

En 1973, à six ans, Phyllis Webstad se vit retirer au pensionnat le chandail orange neuf offert par sa grand-mère. En 2013, son récit fit naître la Journée du chandail orange, liée aujourd'hui à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Photo : Phyllis Webstad in 2022 · GovernmentofBC · CC BY 3.0 · via Wikimedia Commons

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C'était en avril 2013, à Williams Lake, en Colombie-Britannique.

D'anciens élèves du pensionnat de la mission Saint-Joseph s'étaient réunis. Ils venaient se souvenir.

Une femme prit la parole. Elle s'appelait Phyllis Webstad. Pour la première fois, elle raconta son histoire en public.

C'était l'histoire d'un chandail orange.

Phyllis était née le 13 juillet 1967, sur la réserve de Dog Creek, à environ 85 kilomètres au sud de Williams Lake.

Elle est Secwépemc du Nord, de la Première Nation Stswecem'c Xgat'tem.

Elle grandit surtout auprès de sa grand-mère, à Dog Creek. La maison n'avait ni électricité ni eau courante.

Sa grand-mère lui apprit les façons de vivre de son peuple. Pêcher. Cueillir les petits fruits. Conserver la nourriture.

Elle n'avait pas beaucoup d'argent. Pourtant, pour l'école, elle lui acheta une tenue neuve.

Achetée au magasin Robinson's, la tenue comprenait un chandail orange vif, lacé sur le devant. Phyllis le trouvait si brillant, si excitant.

Le 30 septembre 1973, elle avait six ans. On l'envoya au pensionnat de la mission Saint-Joseph, près de Williams Lake.

Sa mère y était passée avant elle. Sa grand-mère aussi. Chacune pendant dix ans.

À l'arrivée, le personnel lui retira ses vêtements. Le chandail orange aussi.

On ne le lui rendit jamais.

Elle l'a raconté plus tard :

« Je ne comprenais pas pourquoi on ne me le rendait pas, il était à moi. »
Phyllis Webstad, Orange Shirt Society (traduction libre)

Autour d'elle, d'autres petits pleuraient. Personne ne semblait s'en soucier.

Depuis, dit-elle, la couleur orange lui rappelait que ce qu'elle ressentait ne comptait pas.

Elle resta une année au pensionnat. L'année suivante, une école ouvrit à Dog Creek. Elle rentra chez sa grand-mère.

Quarante ans plus tard, à Williams Lake, elle raconta son histoire.

De ce récit naquit la Journée du chandail orange, chaque 30 septembre. Sa devise tient en trois mots : Chaque enfant compte.

Phyllis fonda la Orange Shirt Society, dont elle est ambassadrice. Elle partage son histoire pour que d'autres survivants se sentent en sécurité de partager la leur.

En 2018, elle publia The Orange Shirt Story. D'autres livres suivirent.

En 2021, le gouvernement du Canada fit du 30 septembre un jour férié : la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

En janvier 2022, elle reçut la Croix du service méritoire du gouverneur général. En 2023, l'Université Simon Fraser lui remit un doctorat honorifique en droit.

Les Secwépemc ont leurs propres façons de vivre ensemble, que sa grand-mère lui avait transmises. Elles font écho à l'Ubuntu sans s'y confondre.

On avait pris un chandail à une petite fille. Chaque 30 septembre, au Canada, on porte de l'orange, pour dire que chaque enfant compte.

Sources

  1. Phyllis Webstad (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
  2. Phyllis' Story (Orange Shirt Society) orangeshirtday.org

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