États-Unis, 1963
Martin Luther King Jr.
Pasteur baptiste, Martin Luther King Jr. a mené le mouvement des droits civiques américain par la non-violence. En 1963, d'une cellule de Birmingham, il a écrit que nous sommes tous liés les uns aux autres.

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora
C'était le 12 avril 1963, à Birmingham, en Alabama.
Deux pasteurs avaient enfilé des vêtements de travail. Ils sortirent de l'église baptiste de la Sixième Avenue et marchèrent dans la rue.
Au bout de la marche, un fourgon de police les attendait. Ils montèrent.
L'un d'eux s'appelait Ralph Abernathy. L'autre, Martin Luther King Jr.
On l'arrêtait pour avoir enfreint la loi de l'Alabama contre les manifestations.
Martin Luther King Jr. était né le 15 janvier 1929, à Atlanta, en Géorgie. À Boston, il avait rencontré Coretta Scott, une étudiante en musique. Ils s'étaient mariés en 1953. Ils eurent quatre enfants.
Puis il était devenu pasteur de l'église baptiste de Dexter Avenue, à Montgomery, en Alabama.
Le 1er décembre 1955, à Montgomery, une femme noire, Rosa Parks, fut arrêtée. Elle avait refusé de céder sa place à un passager blanc dans un autobus.
Les militants de la ville formèrent la Montgomery Improvement Association, pour boycotter les autobus. Ils choisirent un chef : le jeune pasteur de Dexter Avenue.
« Nous n'avons pas d'autre choix que de protester », leur dit-il (traduction libre).
Le boycott commença le 2 décembre 1955. Il dura plus d'un an. Sa maison fut visée par une bombe. Sa famille fut menacée. Il garda la voie de la non-violence.
En décembre 1956, les autobus de Montgomery cessèrent d'être ségrégués.
Ensuite, il dirigea la Southern Christian Leadership Conference. En 1963, il vint à Birmingham.
Le lendemain de son arrestation, huit membres du clergé de la ville publièrent une déclaration dans le Birmingham News. Ils jugeaient ces manifestations « imprudentes et inopportunes » (traduction libre).
Dans sa cellule, King leur répondit.
Il commença à écrire sur des morceaux de journal. Puis sur des bouts de papier que lui passait un détenu noir. Il termina sur des blocs-notes laissés par ses avocats.
La lettre était datée du 16 avril 1963. Elle commençait par : « Mes chers confrères ».
Il y écrivit que l'injustice, où qu'elle soit, menace la justice partout. Il y écrivit aussi ceci :
« Nous sommes pris dans un réseau inéluctable de mutualité… »
La lettre sortit de prison. Elle circula en copies, puis dans des brochures et des revues.
En 1963, deux cent cinquante mille personnes marchèrent avec lui jusqu'au Lincoln Memorial, à Washington. Ce jour-là, il dit : « Je fais un rêve. »
L'année suivante, une loi interdit la discrimination raciale.
En 1964, à trente-cinq ans, il reçut le prix Nobel de la paix pour sa lutte non violente pour les droits civiques des Afro-Américains.
Le 4 avril 1968, à Memphis, au Tennessee, Martin Luther King Jr. fut assassiné.
Il venait de la tradition chrétienne baptiste. Son « réseau de mutualité » fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : chacun est lié au sort des autres.
Dans une cellule de Birmingham, il y avait des morceaux de journal couverts d'écriture.
Ils sont devenus une lettre qui a circulé bien au-delà de ses murs.
Sources
- Martin Luther King Jr., Prix Nobel de la paix 1964 (Fondation Nobel, NobelPrize.org) www.nobelprize.org
- Letter from Birmingham Jail (Martin Luther King, Jr. Research and Education Institute, Université Stanford) kinginstitute.stanford.edu
- Martin Luther King, Jr. : le boycott des autobus de Montgomery (Encyclopædia Britannica) britannica.com
- Letter from Birmingham City Jail, texte, 16 avril 1963 (King Papers Project, Université Stanford, archive) webarchive.library.unt.edu
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