États-Unis, 1963
Bayard Rustin
Militant quaker de la non-violence, Bayard Rustin conseilla Martin Luther King et organisa la marche sur Washington de 1963. Parce qu'il était homosexuel, on le garda souvent dans l'ombre du mouvement qu'il servait.

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora
C'était en février 1956, à Montgomery, en Alabama.
Les Noirs de la ville boycottaient les autobus. Ils allaient à pied.
Un homme les regardait s'éloigner. Il s'appelait Bayard Rustin. Il l'écrivit dans son journal :
« J'eus le sentiment qu'aucune force sur terre ne peut arrêter ce mouvement. »
Il était né le 17 mars 1912, à West Chester, en Pennsylvanie. Il était l'un de douze enfants. Ses grands-parents, Janifer et Julia Rustin, l'élevèrent.
Julia était quakeresse et membre de la NAACP. Son éducation quaker le mena à la non-violence.
En 1941, il rejoignit un mouvement pacifiste, le Fellowship of Reconciliation. Il aida à fonder le Congress of Racial Equality, le CORE.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il refusa de prendre les armes. Objecteur de conscience, il passa plus de deux ans en prison.
En 1947, avec George Houser, il organisa le Journey of Reconciliation. Ce fut le premier « Freedom Ride ».
En Caroline du Nord, il fut condamné à vingt-deux jours de travaux forcés, enchaîné avec d'autres prisonniers. Il en fit ensuite le récit dans la presse. Son reportage aida à réformer cette pratique.
En 1948, il partit sept semaines en Inde pour étudier la non-violence de Gandhi.
En 1953, à Pasadena, il fut arrêté et condamné pour activité homosexuelle. On lui demanda de quitter le Fellowship of Reconciliation.
Il ne quitta pas la lutte.
En 1956, il alla à Montgomery. Il conseilla le pasteur Martin Luther King sur les méthodes de Gandhi. En décembre, il lui proposa de créer une organisation : elle deviendrait la Southern Christian Leadership Conference.
Mais à cause de ce qu'on disait de lui, Rustin conseillait le plus souvent les dirigeants en coulisses.
En 1963, un grand projet commença : une marche sur Washington pour l'emploi et la liberté. A. Philip Randolph la dirigeait. Rustin en devint l'adjoint, et le principal organisateur.
Cette année-là, un sénateur, Strom Thurmond, l'attaqua. Il le traita de communiste, d'insoumis et d'homosexuel. Il fit verser le dossier de Pasadena au compte rendu officiel du Congrès.
En août 1963, plus de deux cent mille personnes vinrent à Washington.
Ensuite, de 1965 à 1979, il présida l'Institut A. Philip Randolph.
À partir de 1977, il partagea sa vie avec Walter Naegle. Ils restèrent ensemble jusqu'à la fin.
Bayard Rustin mourut le 24 août 1987, à New York.
Le 20 novembre 2013, à la Maison-Blanche, la médaille présidentielle de la liberté lui fut remise à titre posthume. C'est Walter Naegle qui la reçut.
Le 5 février 2020, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, lui accorda sa grâce pour sa condamnation de 1953.
Rustin venait de la tradition quaker. Sa façon de lutter fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre : il se battait pour un « nous » qui, souvent, ne l'incluait pas.
À Montgomery, en 1956, des gens marchaient au lieu de prendre l'autobus.
Un homme les regardait, et sentait déjà que rien ne les arrêterait.
Sources
- Rustin, Bayard (Martin Luther King, Jr. Research and Education Institute, Université Stanford) kinginstitute.stanford.edu
- Bayard Rustin (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
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