Fil 01 · Exil et migration · 30 octobre 2026 · 2 min de lecture

Huit cents bénévoles et une promesse

À l'été 2015, un chef d'entreprise de Guelph décide de parrainer 50 familles syriennes. Des églises, une mosquée, une synagogue, un temple hindou et 800 bénévoles le suivent.

Photo : Jim Estill · SodaSodas · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

Le grenier à récits

À l'été 2015, à Guelph, en Ontario, un homme d'affaires fait un calcul.

Il s'appelle Jim Estill. Il dirige Danby, une entreprise d'électroménagers.

Chaque jour, les nouvelles montrent des familles qui fuient la guerre en Syrie. Et chaque jour, il entend aussi des voix qui veulent fermer les portes.

Son calcul est simple. Il faut environ 30 000 dollars pour soutenir une famille de cinq personnes pendant un an. Pour 50 familles, cela fait 1,5 million. Il en a les moyens.

D'abord, il n'en parle à personne.

En septembre 2015, il passe des coups de fil. À trois églises. À une mosquée. À un temple hindou. À une synagogue. À l'Armée du Salut.

La Société musulmane de Guelph prend en charge la paperasse et l'organisation des bénévoles. Son président, Muhammed Sayyed, se souvient d'avoir pensé qu'il existait encore des gens comme lui.

En un mois, plus de 800 personnes offrent leur aide. Jim Estill les répartit en huit équipes. Après tout, se dit-il, il dirige déjà une entreprise de 800 employés.

Le 24 novembre 2015, le journal local raconte son projet. L'article est traduit en arabe. Bientôt, des réfugiés lui écrivent directement.

Les familles arrivent, une à une. On les loge dans des résidences universitaires, des appartements, un ancien immeuble de bureaux transformé en huit logements. Les dons affluent tellement qu'il faut louer un entrepôt pour les meubles et les vêtements.

Au départ, il y avait 50 familles. Il y en aura 58, environ 220 personnes.

Mais Jim Estill ne veut pas seulement signer des chèques. Il veut que les familles puissent travailler, payer leur épicerie, parler anglais. Chez Danby, il crée un programme de trois mois : du travail à l'entrepôt, et des cours d'anglais deux fois par semaine.

Ahmad devient mécanicien. Tony devient cuisinier. Youssef achète une franchise de magasin à un dollar. Nadeen travaille à l'Université de Guelph. « Un jour, je serai une vraie Canadienne », dit-elle (traduction libre).

Quand on lui demande pourquoi il a fait tout cela, Jim Estill répond :

« Je ne voulais pas avoir 80 ans et savoir que je n'avais rien fait… »
Jim Estill, Toronto Life, 2016 (traduction libre)

Un homme a fait le premier pas. Mais ce sont 800 voisins, de toutes les fois, qui ont ouvert la porte ensemble.

Et vous ?

Quelle grande chose semble trop lourde pour vous seul ? Qui pourriez-vous appeler pour la porter à plusieurs ?

Faire voyager ce récit

Chiffres

58familles syriennes parrainées, environ 220 personnes
800bénévoles et plus, réunis en un mois
1,5million de dollars mis sur la table au départ

Sources

  1. The Man Who Saved 200 Syrian Refugees (Toronto Life, 2016) torontolife.com
  2. One CEO Rescues 58 Syrian Families (Fortune, 2016) www.fortune.com

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