Fil 01 · Exil et migration · 25 septembre 2026
Africville : être déraciné chez soi
Appartenir, c'est être attendu. On peut être exilé sans quitter son pays, comme le rappelle l'histoire d'Africville.
1 · La scène
Au comptoir d'un CLSC, une femme tend une enveloppe pleine de papiers. Elle répète son nom, lentement, puis l'épelle.
Derrière elle, un homme sourit : « Prenez votre temps. » Elle ne l'oubliera pas. Parfois, tout l'accueil tient dans une phrase.
Vignette originale
2 · Le cas documenté
Africville : être déraciné chez soi
L'exil ne commence pas toujours à une frontière. Africville était une communauté noire d'Halifax, en Nouvelle-Écosse. En juillet 1964, la Ville achète la première propriété. Le 2 janvier 1970, le dernier résident quitte les lieux. Une communauté entière disparaît de la carte.
Quarante ans plus tard, le 24 février 2010, le maire Peter Kelly présente des excuses officielles au nom de la Ville. Ces excuses ne rendent pas les maisons. Elles disent pourtant une chose essentielle : on reconnaît enfin que ce « nous » avait laissé des gens dehors.
3 · La voix
« Je suis, parce que nous sommes ; et puisque nous sommes, donc je suis. »
4 · La question
Quand quelqu'un arrive dans votre quartier, votre travail ou votre école, qu'est-ce qui lui dit, concrètement, qu'il fait déjà partie du « nous » ?
Sources
- Ville d'Halifax, « Africville » (histoire et excuses de 2010). www.halifax.ca
- J. S. Mbiti, African Religions and Philosophy, Heinemann, 1969 (notice). www.cambridge.org
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