Kenya, 1977
Wangari Maathai
Première femme d'Afrique de l'Est et centrale à obtenir un doctorat, Wangari Maathai fonda en 1977 le Green Belt Movement, où des milliers de femmes plantèrent des millions d'arbres. En 2004, elle reçut le prix Nobel de la paix.

Vies inspirantes · Soigner et protéger
C'était le 5 juin 1977, à Nairobi, au Kenya.
Ce jour-là, on planta des arbres. C'étaient les premiers d'un mouvement tout neuf. La plantation rendait hommage à sept peuples du Kenya.
Derrière ce geste, il y avait une femme : Wangari Maathai.
Elle était née le 1er avril 1940, à Nyeri, dans une région rurale du Kenya.
Jeune femme, elle partit étudier aux États-Unis. En 1964, elle obtint un diplôme en biologie au Mount St. Scholastica College, au Kansas. En 1966, une maîtrise à l'Université de Pittsburgh.
En 1969, elle rentra au Kenya. Elle poursuivit des études doctorales en Allemagne et à Nairobi.
En 1971, l'Université de Nairobi lui remit son doctorat. Aucune femme d'Afrique de l'Est ou d'Afrique centrale n'en avait obtenu avant elle.
Elle enseigna l'anatomie vétérinaire à Nairobi. Elle devint la première femme de la région à diriger ce département.
En 1976, au Conseil national des femmes du Kenya, elle proposa une idée simple : planter des arbres, avec les gens.
L'année suivante naquit le Green Belt Movement, le mouvement de la ceinture verte.
En 1979, des centaines de femmes plantèrent des arbres sur une ferme, à la campagne. Dans les années 1980, plus de six cents pépinières virent le jour. Entre 2 500 et 3 000 femmes y prêtaient main-forte.
Le mouvement donnait des plants aux femmes. Il leur apprenait à planter et à faire grandir les arbres. Il les aidait aussi à gagner un revenu.
Un jour, elle dit à son équipe :
« Nous sommes sur une voie que personne n'a encore explorée. »
En 1986 naquit un réseau panafricain de la ceinture verte.
Le mouvement défendit aussi les espaces verts de Nairobi.
En 1989, son mouvement s'opposa à une tour prévue dans le parc Uhuru, à Nairobi. Le mouvement gagna. En 1991, il aida à sauver les jardins Jeevanjee, qui devaient devenir un stationnement à étages.
Elle fut emprisonnée deux fois. En 1992, pendant une manifestation pacifique, des policiers la battirent gravement.
Elle continua. De 1998 à 2003, elle défendit la forêt de Karura, dont on cédait illégalement des parcelles.
La bataille fut gagnée en 2003. Les nouveaux dirigeants du pays vinrent eux-mêmes planter des arbres dans la forêt.
En décembre 2002, elle fut élue au Parlement avec 98 % des voix. En 2003, elle devint ministre adjointe de l'Environnement.
En 2004, elle reçut le prix Nobel de la paix. Elle fut la première femme africaine noire à recevoir un prix Nobel.
Le comité salua sa façon de tout relier : le développement durable, la démocratie, les droits humains, et en particulier ceux des femmes.
Wangari Maathai mourut à Nairobi le 25 septembre 2011, à soixante et onze ans, d'un cancer.
Elle liait la terre, la démocratie et les droits des femmes. Cette façon de penser, née au Kenya, fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre.
Depuis 1977, le mouvement a planté plus de 51 millions d'arbres. Plus de 30 000 femmes y ont été formées.
Un jour de juin, à Nairobi, il n'y avait que quelques jeunes plants.
Depuis, des millions d'autres les ont suivis.
Sources
- Wangari Maathai, biographie (Fondation Nobel) nobelprize.org
- Wangari Maathai (Encyclopædia Britannica) www.britannica.com
- Wangari Maathai, biographie (Green Belt Movement) www.greenbeltmovement.org
- Green Belt Movement (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
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