Guatemala, 1992
Rigoberta Menchú Tum
Femme maya k'iche' née en 1959 au Guatemala, Rigoberta Menchú Tum a perdu plusieurs proches dans la guerre civile. Devenue la voix des peuples autochtones de son pays, elle reçoit le prix Nobel de la paix en 1992, à 33 ans.

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora
C'était en 1981, au Guatemala.
Une jeune femme de vingt-deux ans devait quitter son pays pour le Mexique.
Elle s'appelait Rigoberta Menchú Tum.
Elle était née le 9 janvier 1959 à Chimel, un village du département du Quiché, au Guatemala. Elle était maya k'iche'.
Enfant, elle aidait aux travaux de la ferme familiale. Elle a sans doute aussi travaillé dans des plantations de café.
Sa mère, Juana Tum, était sage-femme. Son père, Vicente Menchú, défendait les droits des paysans autochtones. Rigoberta militait avec lui au Comité d'unité paysanne.
Mais le Guatemala vivait des années de violence extrême. Plusieurs membres de sa famille furent tués par l'armée.
En 1979, son jeune frère fut tué par un escadron militaire. En 1980, son père mourut dans l'incendie de l'ambassade d'Espagne, où il était venu protester contre les abus de l'armée. La même année, sa mère fut tuée par des soldats.
Au Mexique, un groupe catholique l'accueillit. Elle vécut un temps chez un évêque, au Chiapas. Elle y rencontra des groupes européens de défense des droits humains.
En 1982, elle raconta sa vie à Elisabeth Burgos. Le livre parut en 1983 : Moi, Rigoberta Menchú. Il fut traduit dans de nombreuses langues.
Elle tenait à une chose :
« ce n'est pas seulement ma vie, c'est aussi le témoignage de mon peuple. »
On la salua pour avoir attiré l'attention du monde sur le Guatemala.
Des organisations autochtones appuyèrent sa candidature au prix Nobel de la paix. Elles voulaient souligner les torts de la colonisation européenne des Amériques.
Elle reçut le prix en 1992, à trente-trois ans. Le comité saluait « sa lutte pour la justice sociale et la réconciliation ethnoculturelle fondée sur le respect des droits des peuples autochtones » (traduction libre).
Elle était alors la plus jeune lauréate du prix de la paix. Elle était aussi la première personne autochtone à le recevoir.
Avec l'argent du prix, elle créa une fondation qui porte son nom.
Elle soutint la réconciliation. En 1996, un accord de paix fut signé, grâce à une médiation norvégienne.
Elle devint ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO et ambassadrice de l'ONU pour les peuples autochtones.
En 1999, elle porta plainte devant la justice espagnole pour les crimes commis pendant la guerre civile au Guatemala.
La même année, un anthropologue, David Stoll, contesta certains passages de son récit. Le secrétaire du comité Nobel répondit que le prix honorait son action, et non son témoignage.
En 2007, elle fonda le mouvement politique Winaq. Elle se présenta à la présidence en 2007 et en 2011. Elle obtint chaque fois environ trois pour cent des voix.
Rigoberta Menchú Tum vient du peuple maya k'iche', avec sa propre manière d'habiter le monde. Elle fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : elle n'a jamais parlé pour elle seule, mais au nom des siens.
En 1981, une jeune femme avait dû quitter le Quiché.
Partout où elle alla, elle porta la voix de tout un peuple.
Sources
- Rigoberta Menchú Tum, prix Nobel de la paix 1992 (Fondation Nobel, NobelPrize.org) www.nobelprize.org
- Rigoberta Menchú (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
- Rigoberta Menchú (Encyclopædia Britannica) www.britannica.com
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