États-Unis et Ghana, 1969

Maya Angelou

Poète et autrice, Maya Angelou travailla pour le mouvement de Martin Luther King, vécut en Afrique, puis raconta son enfance de fille noire du Sud dans Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage. Sa voix porta jusqu'à l'investiture d'un président.

Photo : Maya Angelou in 2013 · York College ISLGP · CC BY 2.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était au début de 1960, à Harlem, à New York.

Dans une église, une femme entendit Martin Luther King parler.

Après l'avoir entendu, elle monta un spectacle, Cabaret for Freedom, pour recueillir des fonds pour son organisation.

Cette femme s'appelait Maya Angelou.

Elle était née Marguerite Annie Johnson, le 4 avril 1928, à St. Louis, au Missouri.

En 1931, ses parents divorcèrent. On l'envoya avec son frère Bailey chez leur grand-mère, Annie Henderson. Elle tenait une épicerie à Stamps, en Arkansas.

C'est Bailey qui lui donna son nom. « Maya », c'était sa façon de dire « ma sœur ».

Enfant, elle vécut un traumatisme. Après, elle cessa de parler. Pendant environ cinq ans, elle se tut.

Une femme, Mrs. Flowers, l'aida à retrouver la parole. Elle lui fit aimer la poésie.

Avant cela, elle avait exercé bien des métiers. À San Francisco, elle fut la première personne noire à conduire un tramway. Elle chanta, dansa, joua. Elle partit en tournée avec Porgy and Bess.

Après son spectacle pour King, en 1960, elle devint coordonnatrice de son organisation à New York, la Southern Christian Leadership Conference. Elle y travailla environ six mois. King lui en fut reconnaissant.

Puis elle partit pour l'Afrique. D'abord Le Caire, en 1962, où elle fut rédactrice d'un journal. Puis le Ghana, en 1963.

Au Ghana, elle travailla à l'École de musique et d'art dramatique de l'Université du Ghana. Elle écrivit pour des médias ghanéens. C'est là qu'elle rencontra Malcolm X.

En 1966, elle rentra aux États-Unis.

Elle se mit alors à écrire sa propre histoire. En 1969, parut Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage. Ce fut le premier de six récits sur sa vie.

Le livre faisait entendre, de l'intérieur, l'enfance d'une fille noire du Sud. La fillette qui s'était tue avait trouvé sa voix.

En 1972, elle devint la première femme noire dont un scénario fut porté à l'écran, Georgia, Georgia. À partir de 1981, et jusqu'à la fin de sa vie, elle enseigna à l'Université Wake Forest.

En 1993, à l'investiture du président Bill Clinton, elle lut son poème On the Pulse of Morning.

En 1996, aux Nations Unies, elle récita un autre poème, The Human Family. Il disait :

« Nous nous ressemblons plus, mes amis, que nous ne différons. »
Maya Angelou, The Human Family, récité à l'ONU en 1996 (traduction libre)

Ce vers fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre. Elle avait vécu en Égypte et au Ghana. Son poème parlait d'une seule famille humaine.

Elle reçut la Médaille présidentielle de la liberté en 2010, et plus de cinquante doctorats honorifiques.

Maya Angelou mourut le 28 mai 2014, en Caroline du Nord. Elle avait 86 ans.

Une petite fille muette, dans une épicerie de Stamps. Une femme qui, des années plus tard, lut un poème à l'investiture d'un président.

Sources

  1. Maya Angelou (Poetry Foundation) www.poetryfoundation.org
  2. Angelou, Maya (Martin Luther King, Jr. Research and Education Institute, Université Stanford) kinginstitute.stanford.edu
  3. Maya Angelou (1928–2014) (CALS Encyclopedia of Arkansas) encyclopediaofarkansas.net
  4. Maya Angelou's Wise Words (ONU, Audiovisual Library, 2024) media.un.org

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