États-Unis, 1965

John Lewis

Fils de métayers de l'Alabama, John Lewis a marché, sans violence, pour le droit de vote des Noirs américains. Blessé à Selma en 1965, il a ensuite siégé plus de trente ans au Congrès.

Photo : John Lewis, official portrait, 2003 · U.S. Congress · Domaine public · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était le 7 mars 1965, à Selma, en Alabama.

Un dimanche. Plusieurs centaines de personnes marchaient vers le pont Edmund Pettus. Elles voulaient rejoindre Montgomery.

En tête, il y avait Hosea Williams. Et un jeune homme de vingt-cinq ans : John Lewis.

Au pont, les marcheurs demandèrent à prier.

Ils furent attaqués. Des matraques, des fouets, des gaz lacrymogènes. Environ soixante-dix personnes furent blessées. Dix-sept furent hospitalisées. John Lewis eut le crâne fracturé.

On appela ce jour « Bloody Sunday », le dimanche sanglant.

Les images de ce jour aidèrent à faire adopter, la même année, la loi sur le droit de vote.

John Lewis était né le 21 février 1940, près de Troy, dans le comté de Pike, en Alabama. Ses parents, Eddie et Willie Mae Carter Lewis, étaient métayers. Ils eurent dix enfants.

Enfant, il écoutait Martin Luther King à la radio. C'était le temps du boycott des autobus de Montgomery.

En décembre 1957, il posa sa candidature au Troy State College, réservé aux Blancs. Il ne reçut jamais de réponse.

Au printemps 1958, il se rendit à Montgomery. Il y rencontra King.

Il étudia à Nashville, au Tennessee. En 1960, il prit part aux sit-in des comptoirs de Nashville.

En 1961, il fut l'un des Freedom Riders, ces voyageurs de la liberté. À la gare routière de Montgomery, il fut battu. Il resta fidèle à la non-violence.

Il cofonda le Comité de coordination non violent des étudiants, le SNCC, et le présida de 1963 à 1966.

En 1963, il prit la parole à la Marche sur Washington, avant le célèbre discours « I Have a Dream ».

Puis vint Selma.

Plus tard, il entra en politique. En 1977, il perdit une élection partielle. Il siégea au conseil municipal d'Atlanta. En 1986, il fut élu à la Chambre des représentants, pour la Géorgie. Il n'était que le deuxième Afro-Américain à représenter cet État au Congrès depuis la Reconstruction.

Il y siégea du 3 janvier 1987 jusqu'à sa mort. On le surnommait « la conscience du Congrès ».

Il appelait la désobéissance civile « good trouble », le bon dérangement. Il parlait d'une « communauté bien-aimée ». Il disait aux autres de garder la foi.

Il reçut la Médaille présidentielle de la liberté.

John Lewis mourut le 17 juillet 2020 à Atlanta. Il avait 80 ans. Les 27 et 28 juillet, son corps fut exposé au Capitole, à Washington.

Sa « communauté bien-aimée » fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre. Elle dit, à sa façon, que l'on ne devient libre qu'ensemble.

Un fils de métayers avait été frappé sur un pont. Cinquante-cinq ans plus tard, son pays venait lui dire adieu au Capitole.

Sources

  1. John Lewis (Encyclopedia of Alabama) encyclopediaofalabama.org
  2. The Honorable John R. Lewis (History, Art & Archives, Chambre des représentants des États-Unis) history.house.gov
  3. Explore the legacy of Rep. John Lewis (U.S. Civil Rights Trail) civilrightstrail.com

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