États-Unis, 1849

Harriet Tubman

Née esclave au Maryland, Harriet Tubman s'enfuit en 1849. Elle revint ensuite une douzaine de fois guider des dizaines de personnes vers la liberté, jusqu'à St. Catharines, au Canada.

Photo : Harriet Tubman, around 1885 · Horatio Seymour Squyer · Domaine public · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était à l'automne 1849, sur la route du nord, aux États-Unis.

Une femme marchait seule, vers Philadelphie. Elle parcourut près de 90 milles à pied, environ 145 kilomètres. Puis elle franchit la ligne.

Des années plus tard, elle raconta ce moment :

« Je regardai mes mains pour voir si j'étais la même personne. »
Harriet Tubman, citée dans « Harriet Tubman » (Wikipédia) (traduction libre)

Elle s'appelait Harriet Tubman. Elle était née esclave vers 1822, dans le comté de Dorchester, au Maryland. Elle était née Araminta Ross, fille de Ben et de Rit Ross.

Vers l'âge de treize ans, elle fut frappée à la tête. Un poids lancé vers un jeune homme qui tentait de fuir l'avait frappée.

Toute sa vie, elle garda des crises et des visions. Elle y voyait des messages de Dieu.

En 1844, elle épousa John Tubman, un homme noir libre. Elle prit le nom de Harriet. Mais ce mariage n'était pas reconnu, et elle restait esclave.

En 1849, son propriétaire mourut. Elle craignait d'être vendue.

Le 17 septembre, elle s'enfuit avec deux de ses frères, Ben et Henry. Les frères firent demi-tour. Ils la forcèrent à revenir avec eux.

Quelques semaines plus tard, elle repartit. Seule, cette fois.

À Philadelphie, des quakers l'aidèrent. Elle travailla un an pour payer un voyage de retour. En décembre 1850, elle retourna en secret au Maryland. Elle en ramena sa nièce Kessiah et les deux filles de celle-ci.

Mais en 1850, une loi sur les esclaves fugitifs fut adoptée. Désormais, on pouvait capturer les fugitifs dans les États du Nord et les renvoyer en esclavage.

Alors Harriet changea de route. Le chemin finirait au Canada.

En décembre 1851, elle s'installa à St. Catharines, au Canada-Ouest, aujourd'hui l'Ontario. Elle loua une maison rue North.

À deux pas vivait une communauté noire, autour de ses églises. L'une d'elles est aujourd'hui la chapelle Salem, un lieu patrimonial.

Plus tard, elle expliqua son choix. Elle ne voulait plus confier les siens à l'Oncle Sam. Alors elle les avait conduits jusqu'au Canada.

De 1851 à 1862, elle fit environ treize voyages au Maryland. Elle en ramena quelque soixante-dix personnes, dont des membres de sa famille. À cinquante ou soixante autres, elle donna des instructions pour fuir.

Elle ne perdit jamais un seul passager.

Elle se servait de chants spirituels comme de messages codés. On l'appela « Moïse », comme le prophète qui avait conduit son peuple hors d'Égypte.

En 1859, elle acheta une maison à Auburn, dans l'État de New York, et y installa ses parents. En 1861, à St. Catharines, elle fonda avec son frère William Henry une société d'aide aux fugitifs.

Pendant la guerre de Sécession, elle servit l'armée de l'Union : infirmière, éclaireuse, espionne, cuisinière.

Le 1er juin 1863, elle accompagna le colonel James Montgomery et le 2e régiment d'infanterie de Caroline du Sud. C'était un raid sur la rivière Combahee. Plus de sept cents personnes y furent libérées.

Après la guerre, elle retourna à Auburn. Elle y ouvrit une maison pour les Afro-Américains âgés.

Elle mourut le 10 mars 1913, à Auburn. Juste avant, elle cita l'Évangile de Jean : « Je m'en vais vous préparer une place » (traduction libre).

En 2005, le Canada la désigna personne d'importance historique nationale.

Harriet Tubman vivait sa foi chrétienne et chantait les spirituals de son peuple. Elle revint chercher les autres, encore et encore. Cette façon de vivre fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre.

Une de ses paroles est restée : « Gloire à Dieu et à Jésus aussi. Une âme de plus est sauvée ! » (traduction libre)

Un jour de 1849, elle avait regardé ses mains pour savoir si elle était encore la même.

Ces mains-là en guidèrent ensuite des dizaines d'autres, jusqu'à la liberté.

Sources

  1. Harriet Tubman (Wikipédia, anglais) en.wikipedia.org
  2. Harriet Tubman (National Park Service) home.nps.gov
  3. Harriet Tubman (L'Encyclopédie canadienne) thecanadianencyclopedia.ca

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