Montréal, 1983

Fo Niemi

En 1983, à Montréal, Fo Niemi cofonda le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR). Depuis, l'organisme accompagne des victimes de discrimination devant les tribunaux et pousse les institutions québécoises à changer.

Photo : Fo Niemi in 2010 · Kat Baulu · CC BY 2.0 · via Wikimedia Commons

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C'était en 1983, à Montréal.

Un organisme vit le jour : le Centre de recherche-action sur les relations raciales, le CRARR.

Parmi ses fondateurs, il y avait Fo Niemi. Il en fut le directeur général dès sa création.

Le CRARR se donna une mission : promouvoir l'égalité raciale et combattre le racisme au Canada.

C'est une petite équipe. Trois personnes. Au moins six avocats qui collaborent. Des stagiaires.

Le CRARR s'occupe de discrimination à l'emploi, de discipline scolaire, de crimes haineux, de haine en ligne, de biais dans les médias, de profilage racial.

Il ouvre environ soixante-quinze nouveaux dossiers chaque année.

En 2002, le CRARR intervint devant la Cour suprême du Canada, dans une affaire sur la préférence accordée aux citoyens pour les emplois publics.

En 2003, il se tint aux côtés des Mères unies contre le racisme. De 2003 à 2006, il mena une campagne contre le profilage racial à Montréal.

Le profilage racial devint l'un de ses grands combats.

C'était en mars 2012, à Longueuil.

Joël Debellefeuille, un homme noir, conduisait sa BMW. Une voiture de police le suivit sur plus d'un kilomètre. Elle l'arrêta devant la garderie de son fils.

Le CRARR soutint la plainte. Environ huit ans plus tard, le Tribunal des droits de la personne trancha. Le juge Christian Brunelle conclut qu'il s'agissait de profilage racial.

Le Tribunal accorda 10 000 $ de dommages. Un policier dut verser 2 000 $ de dommages punitifs. La Ville de Longueuil dut aussi adopter une politique, former ses policiers, et recueillir des données sur la race des personnes interpellées.

Fo Niemi résuma la victoire en quelques mots :

« C'est comme ça qu'on avance. »
Fo Niemi, à CBC News (traduction libre)

Il ajouta que ces batailles devraient se mener devant les tribunaux, puisque les politiciens n'agissaient pas.

Ailleurs, à Repentigny, un enseignant noir, François Ducas, avait été arrêté en 2017, au volant de sa BMW, alors qu'il se rendait au travail. On l'avait menotté et fouillé. Ses contraventions furent annulées.

Le CRARR l'aida à porter plainte. Le Tribunal ordonna à la Ville de lui verser 8 000 $.

Pour Fo Niemi, c'était la première confirmation judiciaire du profilage racial à Repentigny. Il parla de « tant de déni ».

Depuis l'an 2000, le CRARR a représenté ou aidé plus de mille personnes. Il a obtenu pour elles plus de 400 000 $ en dommages.

Il a organisé des conférences sur le profilage racial, sur la criminalisation des jeunes de couleur à Montréal, sur la Charte des valeurs. Il a étudié le racisme systémique dans le système de déontologie policière du Québec.

Il forme aussi des institutions, jusqu'aux juges, à prévenir et à réparer la discrimination.

Le travail de Fo Niemi, ce sont des plaintes, des audiences, des jugements.

Derrière chaque dossier, il y a une personne qui n'est plus seule face à une institution. Ce travail fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : la blessure faite à l'un concerne tous les autres.

À Longueuil, un homme avait été arrêté devant la garderie de son fils.

Environ huit ans plus tard, toute une ville dut changer ses pratiques.

Sources

  1. Center for Research-Action on Race Relations (Wikipédia anglais, via Wikiwand) www.wikiwand.com
  2. Founded in 1983 – United for Diversity and Racial Equality (CRARR) crarr.org
  3. Racial profiling: Joël Debellefeuille, Longueuil (CBC News) amp.cbc.ca
  4. Quebec Human Rights Tribunal rules in favour of Black man racially profiled by Repentigny police (CBC News) amp.cbc.ca

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