Ontario, 1962
Daniel G. Hill
Sociologue né au Missouri, Daniel G. Hill s'installa à Toronto en 1950. Premier directeur de la Commission ontarienne des droits de la personne, il fut aussi l'historien des Noirs du Canada et l'ombudsman de l'Ontario.
Vies inspirantes · Canada et Québec
C'était au début des années 1950, à Toronto.
Un jeune couple cherchait un appartement. Lui était noir. Elle était blanche. Ils s'appelaient Daniel et Donna.
Ils frappaient aux portes. Les propriétaires restaient polis. Mais, chaque fois, il n'y avait rien pour eux.
Puis Donna revenait, avec une amie blanche. Et, comme par miracle, l'appartement était de nouveau libre.
Daniel Grafton Hill était né le 23 novembre 1923, à Independence, au Missouri. Son père était pasteur de l'Église épiscopale méthodiste africaine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit dans l'armée américaine. Puis il étudia à l'Université Howard, à Washington. C'est dans cette ville qu'il rencontra Donna Bender, une militante des droits civiques.
En 1950, il partit pour le Canada. Il voulait étudier la sociologie à l'Université de Toronto. Il voulait aussi laisser derrière lui la dure ségrégation des États-Unis.
À Toronto, il trouva autre chose : des portes qui se fermaient en souriant.
Pour sa thèse de doctorat, « Negroes in Toronto », il fit des recherches dans les bars, dans les salles de billard, auprès de familles noires pauvres. En 1960, il obtint son doctorat.
Donna et lui devinrent citoyens canadiens. Ils eurent trois enfants : Dan, qui deviendrait auteur-compositeur, Lawrence, qui deviendrait écrivain, et Karen, qui deviendrait poète.
En 1962, Daniel G. Hill devint le premier directeur à temps plein de la Commission ontarienne des droits de la personne.
Un jour, à Chatham, le propriétaire d'un hangar à bateaux refusait de louer à des clients noirs.
Daniel G. Hill organisa une audience publique. La salle se remplit de personnes noires.
Le propriétaire finit par céder.
En 1968, Daniel G. Hill décrivit en une phrase ce qu'il voyait autour de lui :
« L'intolérance ontarienne est de nature plus polie et passive. »
Polie, mais réelle.
En 1971, il devint le premier président à temps plein de la Commission. En 1973, il la quitta pour fonder sa propre firme de conseil en droits de la personne.
Il se tourna aussi vers l'histoire des Noirs du Canada.
En 1978, avec Donna et des amis, il cofonda l'Ontario Black History Society.
En 1981, il publia The Freedom Seekers, sur les Noirs des débuts du Canada.
En 1984, il devint ombudsman de l'Ontario. Il voulait que ce bureau ressemble au « nouvel Ontario ». Dans son discours, il parla du racisme et de l'apathie qui affaiblissent nos liens.
Il garda ce poste jusqu'en 1989.
Il reçut l'Ordre de l'Ontario, en 1993, puis l'Ordre du Canada, en 1999.
Il mourut le 26 juin 2003, à Toronto.
Sa vie fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre : on ne protège pas les droits d'un seul sans protéger le lien entre tous.
Un couple avait trouvé des portes closes, à Toronto. Daniel G. Hill passa sa vie à les rouvrir, une à une, pour ceux qui viendraient après.
Sources
- Daniel Grafton Hill (L'Encyclopédie canadienne) www.thecanadianencyclopedia.ca
- Daniel G. Hill (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
- How Daniel G. Hill fought racism and discrimination in Ontario (TVO) amp.tvo.org
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