Ontario, 2019
Autumn Peltier
Originaire de Wiikwemkoong, en Ontario, Autumn Peltier défend l'eau depuis l'enfance. En 2019, elle succéda à sa grand-tante Josephine Mandamin comme commissaire en chef à l'eau de la Nation anishinabek.
Vies inspirantes · Premières Nations et Sept générations
C'était en 2016, lors d'une réunion de l'Assemblée des Premières Nations.
Une fille de douze ans offrit au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, un pot à eau en cuivre.
Puis elle lui dit qu'elle était très mécontente de ses choix.
Il lui répondit qu'il protégerait l'eau.
Elle s'appelait Autumn Peltier.
Elle était née le 27 septembre 2004, sur le territoire non cédé de Wiikwemkoong, sur l'île Manitoulin, en Ontario.
Avant même ses huit ans, elle allait déjà aux cérémonies de l'eau.
Vers l'âge de huit ans, elle accompagna sa mère à une cérémonie, dans la Première Nation de Serpent River. Là, elle vit des panneaux. Ils disaient que l'eau était toxique.
Dans cette communauté, un avis de faire bouillir l'eau durait depuis vingt ans.
Elle avait une grand-tante, Josephine Mandamin, commissaire en chef à l'eau de la Nation anishinabek.
Son geste devant le premier ministre inspira l'Assemblée des Premières Nations, qui créa un fonds pour l'eau, le fonds Niabi Odacidae.
En mars 2018, elle avait treize ans. Elle prit la parole devant l'Assemblée générale des Nations unies, au lancement de la Décennie internationale d'action sur l'eau.
Elle dit :
« On ne peut pas manger l'argent ni boire le pétrole. »
En septembre 2018, la Garde-rivière des Outaouais lui remit son prix.
En février 2019, Josephine Mandamin mourut.
En avril 2019, la Nation anishinabek nomma Autumn commissaire en chef à l'eau. Elle prenait la place de sa grand-tante. Le grand chef Glen Hare dit qu'elle avait le nibi giikendaaswin, le savoir de l'eau.
Elle avait quatorze ans.
Cette année-là, elle participa au Global Landscapes Forum, aux Nations unies. L'Union of Concerned Scientists la nomma « Science Defender ». La BBC la compta parmi les cent femmes de l'année. En décembre, le magazine Maclean's la plaça en tête des vingt personnes à suivre en 2020.
Trois fois, en 2017, 2018 et 2019, elle fut proposée pour le Prix international de la paix des enfants.
Pendant ce temps, le problème demeurait. En février 2020, soixante et un avis à long terme sur l'eau potable restaient en vigueur dans des communautés des Premières Nations. Quatre-vingt-huit avaient été levés depuis 2015.
En décembre 2020, le gouvernement fédéral reconnut que son objectif d'y mettre fin avant mars 2021 ne serait pas atteint.
Autumn continua.
En 2023, elle reçut le prix Héros communautaire de l'Allée des célébrités canadiennes.
Ce savoir de l'eau vient de la tradition anishinabek. Cette façon d'habiter le monde fait écho à l'Ubuntu, sans s'y confondre : nous existons avec les autres, et avec l'eau qui nous fait vivre.
Il y eut une petite fille devant des panneaux, à Serpent River.
Puis une adolescente devant les Nations unies, qui parlait pour l'eau.
Entre les deux, un pot de cuivre, offert un jour à un premier ministre.
Sources
- Autumn Peltier (L'Encyclopédie canadienne) thecanadianencyclopedia.ca
- Autumn Peltier (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
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