Montréal, 1902
Anna Greenup
Née en Ohio, Anna Greenup cofonda à Montréal, en 1902, le club de femmes noires qui devint le Coloured Women's Club, et en fut la première présidente. Avec des épouses de porteurs ferroviaires, elle organisa l'entraide dans la Petite-Bourgogne.
Vies inspirantes · Canada et Québec
C'était en 1902, à Montréal, dans le Faubourg Saint-Antoine.
Sept femmes noires fondèrent un club. Leurs maris étaient porteurs dans les wagons-lits. Leur travail sur les chemins de fer les tenait souvent loin de chez eux.
Et la ségrégation fermait aux femmes noires les clubs de femmes blanches.
Leur première présidente s'appelait Anna Greenup.
Anna était née Anna Hurd, le 5 mai 1874, à Harveysburg, en Ohio. C'était un petit village qui avait lutté contre l'esclavage.
Son père était instituteur, venu de Géorgie. Sa mère venait de Virginie. Ses deux frères devinrent instituteurs, eux aussi.
Anna alla à l'école jusqu'à quatorze ans. Puis, à son tour, elle enseigna.
En décembre 1900, à Essex, en Ontario, elle épousa Charles Greenup. Il faisait un peu de tout sur les chemins de fer : cuisinier, préposé, porteur de wagons-lits.
Le couple s'installa à Montréal, dans ce quartier qu'on appelle aujourd'hui la Petite-Bourgogne.
Le club d'Anna s'appela d'abord le Women's Club of Montreal. En 1904, il prit le nom de Coloured Women's Club of Montreal.
Il s'inspirait d'une association américaine de clubs de femmes noires, fondée en 1896.
L'un de ses premiers projets fut d'accueillir des soldats revenus de la guerre des Boers. De leur trouver un toit.
Les femmes du club ouvrirent des soupes populaires. Elles donnèrent des vêtements et des couvertures aux nouveaux arrivants, venus des Antilles ou des États-Unis.
Elles aidèrent les jeunes mères. Elles donnèrent des cours sur l'alimentation, le budget et l'hygiène. Elles constituèrent une bibliothèque d'histoire noire.
Elles pensèrent même aux morts. Le club organisa un lieu de sépulture au cimetière Mont-Royal.
En 1907, elles aidèrent à fonder une église, l'Union Church. Elle est aujourd'hui la plus ancienne église noire de Montréal. Plus tard vinrent aussi des bourses pour des étudiants noirs.
Vers 1910, Anna partit pour Vancouver. Son mari y travaillait pour le Canadien Pacifique. Il mourut en 1920.
À Vancouver, Anna continua de rassembler les gens. Dans les années 1920, elle organisa des activités sociales à l'église baptiste de la rue Burrard.
Elle mourut le 15 mars 1952 à Vernon, en Colombie-Britannique. Elle avait 77 ans.
À Montréal, le club qu'elle avait fondé ne s'arrêta pas. Il continua de nourrir et de loger des gens pendant la Première Guerre mondiale, la Grande Crise et la Seconde Guerre.
À la fin des années 1950, sa nièce, Elsie Lam, en devint présidente.
Le club existe toujours.
En 1997, le Québec créa un prix à son nom, le prix Anne-Greenup. Chaque année, il honore une personne et un organisme qui luttent contre le racisme.
En 2004, dans l'arrondissement du Sud-Ouest, ouvrirent les Habitations Anne-Greenup : vingt-six logements sociaux.
Anna Greenup venait d'une communauté afro-américaine marquée par la lutte contre l'esclavage. Sa façon de vivre ensemble fait écho à l'Ubuntu : quand une famille manque de pain ou de toit, c'est tout le quartier qui en porte le souci.
Elle a laissé des soupes populaires, des couvertures données à ceux qui arrivaient.
Et, à Montréal, des logements qui portent son nom.
Sources
- Anna Greenup (L'Encyclopédie canadienne) thecanadianencyclopedia.ca
- Anne Greenup (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
- The Coloured Women's Club of Montreal (Wikipédia, en anglais) en.wikipedia.org
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