Martinique, 1950

Aimé Césaire

Poète né en Martinique, Aimé Césaire fit naître à Paris le mot « négritude » et défendit la dignité des peuples colonisés. Il fut maire de Fort-de-France pendant plus d'un demi-siècle.

Photo : Aimé Césaire in 2003 · Jean Baptiste Devaux · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Penseurs de l'Ubuntu

C'était en septembre 1931, à Paris, au lycée Louis-le-Grand.

Un jeune Martiniquais de dix-huit ans venait d'arriver pour préparer les grandes écoles. Il s'appelait Aimé Césaire.

Dans les couloirs du lycée, il rencontra un autre étudiant. Léopold Sédar Senghor.

Ce fut le début d'une longue amitié. Et le début d'un mot.

Aimé était né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, en Martinique. Il avait six frères et sœurs.

Son père contrôlait les impôts. Sa mère était couturière. Sa grand-mère, qu'on appelait mamie Nini, savait lire et écrire. Elle apprit à ses petits-enfants à le faire.

L'enfant fréquenta l'école de Basse-Pointe. Puis une bourse l'envoya au lycée Victor-Schœlcher, à Fort-de-France.

Il n'y fut pas heureux. Dans la ville, il voyait les préjugés de couleur et de classe. Ils le troublaient.

À Paris, il se lia aussi avec Léon-Gontran Damas. Ils parlaient de poésie française.

En septembre 1934, avec d'autres étudiants des Antilles et d'Afrique, ils fondèrent une revue : L'Étudiant noir.

C'est dans ses pages que naquit le mot « négritude ». Un mot forgé par Césaire.

En 1935, il réussit le concours de l'École normale supérieure. En 1937, il épousa Suzanne Roussi.

En août 1939, à Paris, une revue publia un long poème : Cahier d'un retour au pays natal. Il avait vingt-six ans.

La même année, il rentra en Martinique. Il enseigna au lycée Schœlcher, celui de son adolescence. Parmi ses élèves se trouvaient Frantz Fanon et Édouard Glissant.

On disait de lui qu'il était un professeur très écouté et admiré.

En 1941, avec Suzanne et des amis, il fonda à Fort-de-France la revue Tropiques. Le poète André Breton, de passage dans la ville, la découvrit.

Puis vint 1945. Césaire fut élu maire de Fort-de-France et député de la Martinique.

Il resta député jusqu'en 1993. Il resta maire jusqu'en 2001. Plus de cinquante-cinq ans au service de sa ville.

Le 19 mars 1946, une loi fit de la Martinique un département français. Il en fut l'un des principaux artisans.

En 1950 parut son Discours sur le colonialisme. Un texte contre les pratiques coloniales européennes.

En 1956, après la répression de la révolution hongroise, il quitta le Parti communiste. Il l'annonça dans sa Lettre à Maurice Thorez. Deux ans plus tard, il fonda le Parti progressiste martiniquais.

Il écrivit encore du théâtre. En 1963 parut La Tragédie du roi Christophe.

La négritude, pour lui, était un humanisme, tourné vers tous les opprimés. Cette pensée, née des Antilles et de Paris, a sa propre histoire. Elle fait écho à l'Ubuntu sans s'y confondre : la dignité de chacun passe par celle des autres.

Aimé Césaire mourut à Fort-de-France le 17 avril 2008. Il avait quatre-vingt-quatorze ans.

Trois jours plus tard, des obsèques nationales eurent lieu au stade de Dillon. Pierre Aliker prononça l'éloge funèbre.

Le 6 avril 2011, une plaque à son nom fut inaugurée au Panthéon, à Paris.

Il reste de lui un mot, né dans une revue d'étudiants. Et une ville, qu'il servit plus d'un demi-siècle.

Sources

  1. Aimé Césaire (Wikipédia) fr.wikipedia.org
  2. Aimé Césaire (Wikipedia, anglais) en.wikipedia.org
  3. Césaire Aimé (1913-2008) — La parole et l'action (Encyclopædia Universalis) www.universalis.fr

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