États-Unis, 1961
Les Freedom Riders
En 1961, des femmes et des hommes, noirs et blancs, prirent l'autobus ensemble à travers le Sud ségrégué des États-Unis. Malgré le feu et les coups, ils furent des centaines à continuer, jusqu'à ce que les pancartes « whites only » tombent.

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora
C'était le 4 mai 1961, à Washington.
Treize personnes montèrent dans deux autobus. Sept étaient afro-américaines, six étaient blanches. Elles allaient vers La Nouvelle-Orléans.
Le Congress of Racial Equality, le CORE, organisait le voyage.
La loi leur donnait raison. En 1946, la Cour suprême avait interdit la ségrégation dans les autobus entre États. En décembre 1960, elle l'avait interdite aussi dans les salles d'attente, aux comptoirs et aux toilettes réservés à ces voyageurs. Mais dans le Sud, les pancartes « whites only » restaient en place.
Le 12 mai, à Rock Hill, en Caroline du Sud, John Lewis et Albert Bigelow, un Blanc, furent attaqués alors qu'ils voulaient entrer dans une salle d'attente réservée aux Blancs.
Le 14 mai, jour de la fête des Mères, à Anniston, en Alabama, une foule entoura l'autobus Greyhound.
Le chauffeur dépassa la gare. Les pneus avaient été crevés. Quelqu'un lança une bombe à l'intérieur.
L'autobus prit feu. Ceux qui en sortirent furent battus.
Le même jour, à Birmingham, les passagers d'un autobus Trailways furent battus par une foule, beaucoup à coups de tuyaux de métal. Aucun policier n'était là.
Le lendemain, les photos de l'autobus en flammes firent le tour du pays et du monde.
Le dirigeant du CORE, James Farmer, mit fin au voyage. Les passagers prirent l'avion pour La Nouvelle-Orléans.
C'est alors que Diane Nash, 23 ans, du SNCC, organisa des étudiants de Nashville pour continuer.
Elle dit à James Farmer :
« On ne peut pas les laisser nous arrêter par la violence. »
Le 17 mai, sept hommes et trois femmes partirent de Nashville vers Birmingham. Ils furent arrêtés avant d'arriver.
Le 20 mai, le voyage reprit depuis Birmingham, sous escorte policière. À Montgomery, la police se retira. Une foule blanche attaqua les voyageurs à coups de bâtons et de gourdins.
Robert Kennedy envoya 600 marshals fédéraux. Le lendemain, Martin Luther King parla à la First Baptist Church de Ralph Abernathy, à Montgomery. Dehors, il y avait une foule. Les marshals utilisèrent des gaz lacrymogènes.
Le 24 mai, les autobus partirent pour Jackson, au Mississippi. Là, ceux qui utilisaient les installations réservées aux Blancs furent arrêtés et envoyés au pénitencier de Parchman. Ils furent condamnés à 30 jours. Plus tard, la Cour suprême annula ces condamnations.
Après la violence et les arrestations, des centaines de nouveaux volontaires se joignirent à eux. Des étudiants remplirent les prisons de Jackson. En 1961, on compta 436 Freedom Riders.
Le 22 septembre 1961, la commission fédérale du commerce entre États interdit les places discriminatoires dans les autobus entre États. Les pancartes « whites only » devaient disparaître des gares d'autocars avant le 1er novembre.
Le 1er novembre, la règle entra en vigueur.
Les Freedom Riders ne venaient pas d'une même tradition. Mais leur geste fait écho à l'Ubuntu : on ne devient pleinement humain qu'en acceptant de s'asseoir à côté de l'autre.
Quelque part en Alabama, un autobus avait brûlé.
D'autres étaient repartis à sa place, avec des sièges où l'on s'asseyait ensemble.
Sources
- Freedom Rides (Martin Luther King, Jr. Research and Education Institute, Université Stanford) kinginstitute.stanford.edu
- Freedom Rides (HISTORY.com) www.history.com
- Freedom Riders : Freedom Travel (PBS American Experience) www.pbs.org
- Meet Diane Nash, the Civil Rights Icon Awarded the U.S.' Highest Civilian Honor (Smithsonian Magazine) www.smithsonianmag.com
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