États-Unis, 1962

Dolores Huerta

Institutrice bouleversée par la faim de ses élèves, enfants d'ouvriers agricoles, Dolores Huerta cofonda en 1962 avec César Chávez l'association qui devint le syndicat United Farm Workers. On lui doit le cri de ralliement « Sí, se puede ».

Photo : Dolores Huerta in Phoenix, 2016 · Gage Skidmore · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

Vies inspirantes · Droits civiques et diaspora

C'était en 1962, en Californie.

Une jeune femme et un homme quittèrent l'organisation où ils s'étaient rencontrés. Ils voulaient bâtir autre chose : une association pour les ouvriers agricoles.

Lui s'appelait César Chávez. Elle s'appelait Dolores Huerta.

Dolores était née le 10 avril 1930 à Dawson, au Nouveau-Mexique. Son père était mineur. Il militait dans un syndicat et fut élu à l'assemblée de son État.

Ses parents se séparèrent quand elle avait trois ans. Sa mère partit avec ses enfants pour Stockton, en Californie.

Là, sa mère occupa deux emplois, puis tint un restaurant et un hôtel. On y servait des ouvriers agricoles et des journaliers.

Dolores devint institutrice, dans la vallée de San Joaquin. Beaucoup de ses élèves étaient des enfants d'ouvriers agricoles.

Leur pauvreté la bouleversa.

« Je ne supportais pas de voir des enfants arriver en classe affamés et manquant de chaussures. »
Dolores Huerta, documentaire de PBS, 2017, cité par l'Associated Press (traduction libre)

Elle quitta l'enseignement.

En 1955, avec Fred Ross, elle fonda la section de Stockton de la Community Service Organization, un groupe de droits civiques. C'est là qu'elle rencontra César Chávez. En 1960, elle fonda une première association d'ouvriers agricoles.

Puis vint 1962, et la nouvelle association avec Chávez. Elle devint un syndicat : les United Farm Workers.

À Delano, des cueilleurs de raisin philippins se mirent en grève. Dolores les rejoignit sur les piquets.

La grève dura cinq ans.

Dolores négociait. Avec Chávez, elle obtint des contrats de grands producteurs. Pour la première fois, des ouvriers agricoles eurent un régime de santé et des avantages sociaux.

Au début des années 1970, elle dirigea des boycotts dans tout le pays. Il s'agissait de ne plus acheter de raisin ni de laitue.

Ces boycotts aidèrent la Californie à voter, en 1975, la première loi d'un État reconnaissant aux ouvriers agricoles le droit de négocier ensemble.

On lui attribue un slogan : Sí, se puede ! Oui, c'est possible.

En 1988, à San Francisco, Dolores manifestait contre l'opposition de George H. W. Bush au boycott. Un policier la frappa de sa matraque. Elle fut grièvement blessée. Plus tard, la ville conclut un règlement avec elle.

En 1999, elle quitta le syndicat. En 2002, elle créa sa propre fondation, à Bakersfield, en Californie.

En 2012, le président Barack Obama lui remit la médaille présidentielle de la liberté. Il plaisanta : il lui avait emprunté son slogan pour sa campagne de 2008.

Le 28 octobre 2026, sa famille annonça qu'elle était morte chez elle. Elle avait 96 ans.

La lutte de Dolores Huerta n'est pas née de l'Ubuntu. Mais elle y fait écho : on ne réussit pas seul, on réussit en marchant ensemble, et la dignité d'un ouvrier est l'affaire de tous.

Elle avait commencé dans une salle de classe, devant des enfants qui avaient faim.

Il reste d'elle trois mots, nés dans la lutte des ouvriers agricoles et repris jusque dans une campagne présidentielle : Sí, se puede.

Sources

  1. Dolores Huerta (Biography.com) www.biography.com
  2. Dolores Huerta, Labor Leader and Feminist Icon, Dies at 96 (AARP / Associated Press, 2026) www.aarp.org
  3. Dolores Huerta, influential labor leader, feminist and civil rights icon, dies at 96 (WUNC / Associated Press, 2026) www.wunc.org

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