Fil 03 · Racisés mais humains · 10 septembre 2026
Être soigné par quelqu'un qui comprend
Les personnes noires qui vont mal consultent moins souvent un professionnel de la santé mentale. Des chercheurs et des organismes bâtissent des soins qui commencent par la confiance.
1 · La scène
Une salle d'attente, un jeudi après-midi. Un jeune homme tient un dépliant sur l'anxiété depuis vingt minutes. Il l'a lu trois fois. Il a failli partir deux fois.
La porte s'ouvre. La thérapeute qui prononce son nom a la peau de sa mère, et un accent qu'il reconnaît. Il range le dépliant dans sa poche. Il ne sait pas encore ce qu'il va dire. Mais pour la première fois depuis des mois, il n'a plus l'impression qu'il devra tout expliquer avant de pouvoir parler.
Vignette originale
2 · Le cas documenté
Un écart dans l'accès aux soins
Une étude publiée en 2018 dans la Revue canadienne de psychiatrie (Chiu et coll.), fondée sur l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes en Ontario de 2001 à 2014, montre un écart net. Parmi les personnes qui jugeaient leur santé mentale passable ou mauvaise, 38,3 % des personnes noires avaient consulté un professionnel dans l'année, contre 50,8 % des personnes blanches. Ces données portent sur l'Ontario ; aucune étude québécoise équivalente n'a été trouvée.
En 2020, lors d'une collecte participative de Statistique Canada citée par la Commission de la santé mentale du Canada, 27,9 % des répondants noirs déclaraient une santé mentale passable ou mauvaise, contre 22,9 % des répondants blancs. Ces résultats ne représentent pas toute la population, mais vont dans le même sens.
Des réponses se construisent. Le Fonds pour la santé mentale des communautés noires, lancé par Ottawa en 2018, a soutenu des projets communautaires partout au pays. Depuis 2021, l'Agence de la santé publique du Canada finance aussi le projet du professeur Jude Mary Cénat, de l'Université d'Ottawa, qui développe des outils culturellement adaptés pour les jeunes des communautés noires.
3 · La voix
« Ce qu'on souhaite accomplir, c'est de renforcer les communautés. »
4 · La question
Et si guérir commençait par être compris, et être compris, par être reconnu dans le regard de l'autre ?
Sources
- Chiu, Amartey, Wang et Kurdyak, Revue canadienne de psychiatrie (PubMed Central, 2018) pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Santé mentale des Canadiens noirs, note pour la période des questions (Santé Canada, 2023) rechercher.ouvert.canada.ca
- Santé mentale pour tous : un projet pancanadien pour les jeunes des communautés noires (Université d'Ottawa, 2021) www.uottawa.ca
Chaque donnée de cette page renvoie à une source publique vérifiable.
Mots-clés
À lire aussi
La voie qu'on choisit pour toi à 14 ans
Dans la région de Toronto, les élèves noirs étaient deux fois plus souvent orientés vers le programme appliqué. L'Ontario a fini par abolir ce classement en 9e année.
LireQuand l'appareil ne voit pas la peau
Les oxymètres de pouls peuvent surestimer l'oxygène dans le sang des personnes à la peau foncée. Un biais caché dans un objet ordinaire.
LireQuand une profession demande pardon
En 2024, l'Association médicale canadienne a présenté des excuses aux Premières Nations, aux Inuit et aux Métis pour les torts causés par la médecine.
Lire